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Voici le
texte introductif du Guide du candidat, dans la version présentée au cours
de l'Université d'Eté. Le Guide sera disponible sur www.libres.org dans
les semaines à venir, après amendements apportés par les partenaires de
l'ALEPS. Il recevra ensuite la diffusion la plus large possible.
Un guide est
indispensable pour orienter le voyageur vers les meilleurs sites ou les
meilleures tables. Un bon guide est bâti sur l'expérience vécue, et sur
des critères de qualité conformes aux goûts du voyageur. Nous allons être
invités à un long et périlleux voyage électoral.
Guide du
candidat : destiné aux électeurs, pour les accompagner dans leur périple.
Certains n'ont
pas besoin de guide : leurs préférences sont d'ores et déjà arrêtées,
ils descendent toujours dans les mêmes endroits, ils votent toujours de
la même façon : pour la droite, ou la gauche et plus souvent encore contre
la gauche, ou contre la droite. Ils acceptent d'avance d'être déçus, mais
se disent que les autres feraient pire encore.
D'autres, plus
nombreux encore, décideront de rester chez eux : les joutes électorales
ne les concernent plus, ils sont sûrs que leur vote ne changerait rien.
Pas besoin de guide non plus.
Restent des
millions de Français qui s'interrogeront sur la qualité des programmes
et des hommes présentés à leurs suffrages. La campagne les éclairera-t-elle
réellement ? La publicité électorale va les submerger, les discours ne
seront pas toujours lisibles, les querelles de personnes et de partis
occulteront souvent le débat d'idées, et au dernier moment on s'arrêtera
à un choix hasardeux. Ce guide pourrait les éclairer.
Il pourrait
même les stimuler. S'ils pensent que leur vote peut réellement faire basculer
la majorité d'un côté ou de l'autre, ils voudront faire leur choix en
toute connaissance de cause. Aujourd'hui les résultats des consultations
à venir sont incertains, et il suffit de quelque 500.000 voix (soit 1,5%
des inscrits) pour changer l'issue du scrutin. Plus conscients de leurs
responsabilités et de leurs possibilités que d'autres électeurs, résignés
ou révoltés, ils vont sans doute se donner le temps de la réflexion, ils
ont besoin d'informations et de repères.
Guide du
candidat : destiné aussi aux hommes politiques, pour qu'ils ne se trompent
pas d'adresse
La plupart des
hommes politiques n'ont pas besoin de guide, parce qu'ils ont d'ores et
déjà un guide. Ils ont choisi de se ranger derrière un leader, un mot
qui sonne mieux qu'un duce ou un führer, mais qui dit la même chose :
le sauveur providentiel, l'homme à qui on s'en remet aveuglément. Le guide
n'a pas besoin de guide, il a besoin de soutien.
De plus, l'idée
d'un guide à usage des électeurs est irritante pour les futurs élus, car
ils veulent aller où ils veulent, sans engagement concret ni précis, si
ce n'est sur quelques détails mineurs destinés à attirer le chaland. Depuis
quelques décennies, le " dogmatisme " n'a pas bonne presse chez nos hommes
politiques, qui ne croient plus aux grands principes et sont prêts à changer
d'idées au fil des évènements. Au prétexte de ne pas sombrer dans l'idéologie,
ils rejettent toute doctrine et prônent l'empirisme. Cette attitude confortable
revient à se faire remettre un chèque en blanc par les électeurs, condamnés
à faire crédit à des dirigeants qui feront " de leur mieux " - absolvant
d'avance les erreurs et les incohérences. Il existe pourtant quelques
hommes politiques, anciens ou nouveaux, qui se rendent compte que la politique
du chien crevé au fil de l'eau met la France en situation de faillite
économique, de chaos social et de ruine morale. Victimes du verrouillage
partisan qui leur a interdit jusqu'ici toute initiative originale, ils
ont gardé assez d'indépendance d'esprit et sont restés assez proches de
la " France d'en bas " pour rechercher une voie nouvelle. Un guide, construit
à partir de principes simples, et soucieux des réalités, peut leur être
d'une aide précieuse. Il les change de la pensée unique et de la langue
de bois qu'ils subissent.
Un guide
est fait par le consommateur, pas par le producteur
La qualité d'un
guide se mesure à la façon dont sont repérés et notés les établissements
en concurrence, les monuments et les musées à visiter.
Un guide ne
se confond pas avec une publicité ou une propagande dirigée par ceux qui
se présentent au choix du voyageur.
Celui-ci ne
manque pas à la règle, il a été conçu et rédigé par des consommateurs
(électeurs) et non par quelque producteur (candidat ou parti) que ce soit.
Les auteurs de ce guide vous assurent de leur indépendance et de leur
expérience.
Indépendance:
Ce guide ne doit rien à la " société politique ". Il est même à beaucoup
d'égards " politiquement incorrect " - ce qui le condamnera d'emblée aux
yeux des partisans, militants et fanatiques de toutes sortes. Il s'adresse
aux hommes et femmes de bonne volonté. Il est pure émanation de la société
civile, pur produit d'échanges entre personnalités et associations libres
de toute attache partisane - ce qui est en réalité la situation de deux
Français sur trois au moins. Il ne s'agit pas d'une " majorité silencieuse
" de façade, mais d'une minorité de gens ignorés volontairement des médias
et qui ont pourtant quelque chose à dire. Beaucoup d'entre vous se retrouveront
d'ailleurs facilement dans les choix présentés, car ils sont ceux que
vous rencontrez dans le cadre de votre vécu quotidien.
Expérience
: les auteurs de ce guide l'ont acquise pour les uns dans l'entreprise
et la vie économique, pour les autres dans les sciences de l'homme et
la vie intellectuelle. Pour les uns et les autres, la perspective internationale
a été déterminante dans leur réflexion : qu'ont fait et que font " les
autres " ? Quelles leçons tirer des recherches scientifiques et des politiques
menées dans le monde entier ? La myopie de nos dirigeants vient du mythe
de " l'exception française ", qui leur interdit toute référence à la sagesse
universelle et toute considération pour les lois intemporelles de l'économie
et de la vie en société. C'est aux portes immédiates de la France que
se trouvent les bonnes solutions. Encore faut-il entre bailler la porte.
Par contraste,
sont disqualifiés nos technocrates, qui ne connaissent que ce qu'ils ont
mis un demi-siècle à bâtir : cet enchevêtrement de réglementations, d'organismes
publics, de privilèges, de protections, d'interventions, de prélèvements,
et cette masse de déficits, de dettes et de gaspillages. Ils passent hélas
pour des " experts ", conseillers avisés des aristocrates qui nous gouvernent,
puisqu'ils sont les seuls à pouvoir guider les Français dans le labyrinthe
qu'ils ont savamment construit. Leur fil d'Ariane, c'est l'Etat. Or, dans
le monde entier il apparaît aujourd'hui que l'Etat n'est pas la solution,
mais que l'Etat est le problème.
Ce guide ne
doit rien aux technocrates, ni aux aristocrates. Il est " démocrate ",
fait pour le peuple, pour donner un sens à une campagne et à un scrutin
qui conditionnent sans doute votre sort individuel et notre avenir national.
Le 23 août
2006
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