|
A l’occasion de l’ouverture
du festival de Cannes, il est important de rappeler que le cinéma français
est sous perfusion étatique. Depuis 1946 et la création du CNC (Centre
National de la Cinématographie) et aussi depuis la dérive bureaucratique
de 1965 et des mesures Malraux, le cinéma français est devenu la cible
de toutes sortes de subventions publiques et la victime d’une étatisation
rampante. Sous le prétexte du « combat contre l’impérialisme américain »,
tout une catégorie de fonctionnaires et de politiques a décidé
de s’occuper de la production cinématographique française. Le cinéma français
et la francophonie font partie de cette culture que, d’après les tenants
du protectionnisme et des subventions, il faut absolument « entretenir »
et mettre sous perfusion, quels que soient ses performances et sa qualité.
L’argent des aides publiques au
cinéma est d’ailleurs "l’argent de la profession", puisqu’il
provient largement de la taxe spéciale sur les billets de cinéma
– 11% du prix des billets – qui est reversée par le Centre National du
Cinéma (CNC) aux producteurs, distributeurs et exploitants français de
salles de cinéma. Cette aide permet astucieusement de faire subventionner
les productions françaises par les spectateurs des films… américains.
Les aides publiques au cinéma
représentent ainsi environ 1,5 fois le montant total des billets.
Et cela
de plusieurs façons :
-
par l’intermédiaire du CNC, organisme bureaucratique doté
d’un budget de 500 M euros et de 460 personnes. Le CNC a le monopole des
aides : aides automatiques (environ 150 M euros par an) et avances
sur recettes (environ 83 M euros). Ces dernières sont en réalité des prêts
sans intérêt mais les pertes engendrées représentent environ 92% des prêts
accordés. En réalité, il s’agit donc de subventions cachées.
-
Par les aides des régions, des départements et du ministère
de la Culture (environ 15 M euros)
-
Les quotas de diffusion : environ 400 M euros
-
Les aides de fonds de soutien : 500 M euros
-
Les SOFICAS (investissements privés) : environ 45 M
euros
-
Sans oublier le gouffre du régime spécial d’indemnisation
des intermittents : 600 M euros
Pour quels résultats ?
Sur 200 films produits par an, une vingtaine seulement attirent plus de
75% des spectateurs. Plus d’une centaine ne font que 1,9% des entrées.
Et certains autres ne sont même jamais distribués !
A l’exportation, malgré l’association
UNIFRANCE financée par le CNC (10 M euros dont 40% des frais de fonctionnement),
la part de recettes ne représentent que 13-16% par an dont 75% sont dus
à un ou deux films (Le Cinquième élément, Jeanne d’Arc, Le fabuleux
destin d’Amélie Poulain, etc). Les festivals
de films français sont organisés dans des régions où leur part est infime :
en Amérique latine (4%) et au Japon (11%).
Enfin, le Festival de Cannes,
le « plus grand au monde », est largement subventionné :
50% du budget (environ 4-5 M euros sur 8) provient du CNC, de la ville
de Cannes et de la région. Pas étonnant que de plus en plus de films qui
obtiennent la Palme d’or traitent des sujets… « sociaux ».
Le 18 Mai 2006
|