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Le mouvement anti-CPE, tel
qu’il se développe en ce moment sur le plan universitaire et syndical,
soulève un certain nombre de questions de principe :
-Il est d’essence totalitaire
et anti-démocratique, puisque le but du mouvement est de revenir sur une
loi légalement votée par le parlement. Il s’agit de savoir ce qui doit
l’emporter dans une démocratie, et qui a le dernier mot : la rue
ou la représentation nationale? Est-ce la rue qui gouverne ? Une
loi votée doit s’appliquer.
-Il est liberticide, puisqu’il
s’accompagne de manifestations violentes, telles que les occupations d’université
par la force, empêchant les non-grévistes d’entrer dans les bâtiments
et d’aller travailler en bibliothèque ou en cours. C’est une atteinte
à la liberté du travail et à la liberté d’étudier.
-Il est barbare, car ce qui
s’est passé à la Sorbonne
en particulier s’est traduit par des dégradations de matériels (ouvrages
anciens brulés ou déchirés, ordinateurs jetés par les fenêtres, matériels
brisés,…). Il n’y a aucun respect de la propriété privée ou publique,
pas plus à l’intérieur de l’université qu’à l’extérieur (vitrines de magasins
détruites comme chez Mac Do). Il n’y a aucune culture chez ceux qui détruisent
des archives et des ouvrages appartenant au patrimoine historique.
-Il est minoritaire et politisé.
Jamais une grève n’est votée par l’ensemble des étudiants après consultation
démocratique de tous à bulletins secrets. Une faible minorité participe
aux assemblées générales (souvent moins de 500 étudiants, alors qu’il
y a au moins 20 000 étudiants en moyenne par université), à main
levée, sous la pression de ceux qui crient le plus fort. Les antigrèves
sont réduits au silence et préfèrent travailler chez eux. Le mouvement
est mené par l’extrême-gauche (trotskistes essentiellement et communistes)
et relayé par l’UNEF, mouvement dirigé par une majorité de socialistes
et une minorité de trotskistes. Tous mènent un combat politique, dans
la perspective des prochaines échéances électorales, appuyés par des forces
extérieures à l’université.
-Il est obscurantiste, car
il ne connaît pas la réalité économique. C’est la situation actuelle qui
est une situation de précarité pour les jeunes, puisque 23,5% des moins
de 25 ans sont au chômage et ceux qui ont un travail n’ont presque jamais
un CDI, mais des CDD, dont le premier dure en moyenne quelques semaines.
Même la fonction publique offre de plus de plus des situations de précarité,
par exemple avec les vacataires.
Au contraire, le CPE, comme
le CNE, assouplit le code du travail et rend plus flexible le marché du
travail. La science économique comme les expériences étrangères montrent
que plus on assouplit les conditions de licenciement, plus les entreprises
embauchent. Elles veulent simplement pouvoir licencier en cas de difficultés
imprévisibles, ce qui ne veut pas dire qu’elles le feront dans la majorité
des cas. Deux ans d’essai sont largement suffisants à un employeur pour
juger la valeur d’un débutant. Si le test est positif, l’entreprise a
intérêt à l’embaucher pour s’attacher ses services. Le test ne menace
que les jeunes considérés en général inaptes à l’emploi ou au travail.
L’idée de l’emploi à vie, garanti par un statut, ne correspond pas à la
réalité économique et est en outre une forme moderne d’esclavage.
La lutte contre la précarité
ne passe pas par l’emploi à vie, mais par la multiplication des créations
d’emplois. Une carrière se construit dans la mobilité en saisissant au
fur et à mesure les nouvelles opportunités d’emplois. C’est l’ancien président
CLINTON qui avait dit aux jeunes Américains que s’ils voulaient faire
une belle carrière, il fallait qu’ils s’attendent à changer en moyenne
dix fois d’emplois dans leur vie.
Le CPE ne résout pas tous
les problèmes de chômage, mais tout ce qui va dans le sens d’une plus
grande flexibilité du marché du travail joue dans le sens de la création
d’emplois. Les expériences étrangères le confirment, et tous les pays
qui ont assoupli les conditions de licenciement ont vu leur chômage diminuer
et se situer à la moitié de celui de la France. Quant au
surchômage des jeunes, il n’existe pas dans les pays où rémunérations
et embauches sont libres.
-Enfin, le soutien apporté
au mouvement anti-CPE par les syndicats et partis les plus extrémistes,
encore sous influence marxiste, montre où se situent le vrai conservatisme
et la défense archaïque des avantages acquis. Le monde économique d’aujourd’hui,
ce n’est plus celui des rigidités et des privilèges, c’est celui de la
mondialisation et de l’ouverture, donc celui de l’adaptation et de la
mobilité.
Ce sont nos libertés qui sont
en jeu dans cette affaire, à tous les niveaux.
Le 13 Mars
2006
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