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La mode est au devoir de mémoire, et à la repentance. Il faut évidemment
sacrifier à cette mode lorsqu’il s’agit d’évoquer un personnage aussi
prestigieux que François Mitterrand. Car le 8 janvier 2006, la
France va célébrer le dixième anniversaire de sa mort et à cette
occasion des dizaines de livres et des centaines d’articles sont à prévoir
afin de rappeler la mémoire du défunt. Déjà l’ouvrage de Jacques Attali
est un grand succès de librairie. Mais trop souvent, ses contempteurs
comme ses admirateurs ne vont pas jusqu’au bout, et passent sous silence,
volontairement ou non, certains hauts faits de l’ancien président. Nous
tenons à rendre à François Mitterrand tout ce qui lui appartient, pour
être réellement fidèles à sa mémoire.
Il a été, de mai 1942 à la
fin 1943, un « résistant » en mission à Vichy, décoré le 16
août 1943 de la Francisque n° 2 202 par le Maréchal. Il a commencé
à publier des articles dans France, la « Revue de l’Etat Nouveau »
(n°5 de décembre 1942). Son premier papier s’intitulait « Pèlerinage
en Thuringe » (région orientale de l’Allemagne).
Après sa conversion au gaullisme
et sa participation à l’UDSR et à ce titre à
plusieurs ministères (il était en fonction au 1er novembre
1954 et entendait ne voir dans les assassinats de Novembre en Algérie
qu’un trouble à l’ordre public dans « les départements français »)
il acquit sa plus grande notoriété en sautant les grilles des jardins
de l’Observatoire pour échapper à un attentat
qu’il avait monté de toutes pièces.
Une fois parvenu au pouvoir
suprême, il sera impliqué dans les affaires suivantes : le dossier
Boucheron à Angoulême, celui de Gérard Colé
(conseiller de Mitterrand à l’Elysée) dans la gestion délirante de la
Française des Jeux, les trafics divers et planétaires de Jeanny
Lorgeoux, le maire de Romorantin
et ex-député PS du Loir-et-Cher, par ailleurs copain de bringue de « Papa
m’a dit » (Jean-Christophe Mitterrand), les exploits d’Emmanuelli
dans Urba et les rackets du PS, les exploits de Roland Dumas et Jacques
Pihlan (ex-compère de Colé à l’Elysée)
dans l’Association pour le référendum (été 1984)
et dans Elf, la vente d’UTA à Air France (pour renvoyer l’ascenseur, à
bon prix, au camarade milliardaire socialiste Jérôme Seydoux), la reprise
d’Yves Saint-Laurent (Pierre Bergé) par Elf-Aquitaine
juste avant le retour de la droite au pouvoir, en 1993, les écoutes téléphoniques
supervisées à l’Elysée, par le PDG d’Elf, Gilles Ménage. Il faut aussi
rappeler le dossier Orta, du nom de ce dévoué
militant socialiste devenu promoteur de camps de vacances dans le Sud-Ouest
et laissant une ardoise de 300 millions de francs en 1988. Enfin, il ne
faut pas oublier la fameuse affaire Pechiney et les escroqueries, dont
la bien nommée Vibrachoc, de Roger-Patrice
Pelat, son grand ami intime.
Dans cette longue liste des
affaires, il faut aussi se souvenir de l’affaire Greenpeace, des Irlandais
de Vincennes, de l’affaire Luchaire, des frasques
de Jean-Christophe Mitterrand et de sa cellule africaine, des commissions
touchées en 1993 pour la vente d’un Falcon 900 à la Namibie, des exploits
de Guy Ligier et du fameux circuit de Magny-Cours.
Mitterrand est celui qui a
nommé Bernard Tapie ministre, repris de justice, condamné déjà plusieurs
fois depuis les années 1970.
Il est encore celui qui nie
toutes ces affaires devant les caméras, qui ment comme il respire et qui
répond aux journalistes droit dans les yeux des Français : « Je
suis plus que jamais là pour assurer la défense des Français modestes
contre les spéculateurs de toutes sortes » (émission 7 sur 7
du 11 février 1989 réalisée en plein scandale Pelat).
Il est directement ou indirectement
impliqué dans l’affaire du « suicidé » François de Grossouvre, son conseiller et ami de l’Elysée.
Mitterrand c’est aussi l’appartement
du 11, quai Branly payé avec l’argent des contribuables pour sa maîtresse,
Anne Pingeot.
C’est encore celui qui a nommé
conseiller à l’Elysée pour les Affaires africaines Guy Penne, le dentiste
qui lui a limé les dents.
C’est aussi celui qui, grâce
au programme de « rupture avec le capitalisme » a conduit la
France au bord de la banqueroute et quand il fut contraint de virer de
bord, en 1984, il se contenta d’instaurer l’économie mixte.
Cette liste n’a pas la prétention
d’être exhaustive. Mais il faut rappeler aux lecteurs que la plupart de
ces affaires ont gaspillé l’argent des contribuables et que, d’ailleurs,
les Français continuent à payer pour la catastrophe des années Mitterrand.
Qui plus est, tous les ans, nous avons droit à un procès dans lequel Mitterrand
est impliqué (en 2004-2005, nous avons eu le procès des écoutes) et nous
pouvons parier que d’autres affaires seront dévoilées dans les années
qui viennent…
Oui, vraiment, cet homme méritait
de ne pas sombrer dans l’oubli et d’entrer dans l’histoire par la grande
porte : l’arche de la Défense a été construite à sa dimension.
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