TOUJOURS PLUS POUR LES AGENTS, RIEN POUR LES VOYAGEURS

Nicolas Lecaussin


Avec le changement de gouvernement en 2002 et la nomination d’un membre de la nouvelle majorité à la présidence de la RATP (Anne-Marie Idrac), on espérait au moins un arrêt de ces gaspillages si ce n’est une réforme en profondeur de la RATP. Qu’en est-il 3 ans après ? Amélioration ? Non. AGGRAVATION. Encore plus de privilèges payés par les contribuables. Plus de congés, plus de primes, plus d’agents, plus de subventions pour le comité d’entreprise.

Augmentation des effectifs alors que le trafic voyageurs s’est stabilisé (il a même baissé entre 2002 et 2003) et qu’il n’y a donc aucune amélioration de la productivité qui justifierait des hausses de rémunération. Plus d’avantages alors que le contexte économique du pays n’a cessé de se détériorer. Hausse des salaires et des primes à la RATP alors que le nombre de chômeurs en France a augmenté de 300 000 entre 2002 et 2004. Enfin, encore plus de vacances et de repos : 70 millions d’euros pour le comité d’entreprise. Y’a-t-il une justification à ces avantages dans un pays qui compte 1,2 millions de RMistes (+ 10 % en 2003) et 6 millions d’allocataires de minima sociaux, avec une augmentation de 150 000 nouveaux inscrits entre 2002 et 2004 ?

Et le service minimum ? Pas question de l’appliquer. Qui dit mieux ?

 

 

Encore plus de privilèges sous le gouvernement Raffarin

 

-augmentation des effectifs de 10 % en 3 ans (+ 3 000 agents) alors que le nombre de voyageurs est en baisse

-généralisation des 4 mois de congés (121 jours de repos), presque trois fois plus que dans le privé

-mise en place d’un 13ème mois de salaire en 2004

-augmentation du SMIC (de la RATP) qui est en 2005 de 1 300 euros nets par mois (400  euros de plus que dans le privé)

-des salaires pour les cadres dirigeants de plus de 14 000 euros/mois

-revalorisation des primes, dont la « prime de soudure » qui a eu un coup de pouce de 2 000 %

-3 % de la masse salariale pour le comité d’entreprise (dix fois plus que dans le privé) et 15 millions d’euros de plus qu’en 2000

-plus de 12 millions d’euros juste pour « améliorer » les centres de vacances (en 2005)

-un fausse réforme du système de santé qui est toujours « gratuit »

-possibilité de prêt pour l’achat d’un véhicule pour un certain nombre d’agents

-le passage de CDD en CDI pour le personnel de gardiennage des centres de vacances

-augmentation du parc locatif géré par la RATP et loyers « aidés »…

-…sans oublier que le gouvernement n’a pas osé toucher au régime des retraites dont le montant ne figure pas dans le bilan et qui s’élève à 18,2 Mds d’euros

-…et n’a pas osé instaurer le « service minimum »

 

Le 25 Novembre 2005