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LE CREDIT DES ETATS EST BIEN ENTAME Face à la crise dont ils étaient largement responsables, les Etats ont bombé le torse : on allait voir ce qu’on allait voir ! Depuis deux ans, le cri de victoire n’a cessé de retentir : « C’est le grand retour de l’Etat !». Dans ses valises, l’Etat a ramené Keynes, les politiques de relance, les déficits, voire la préférence nationale. Mais, comme disait Lénine, les faits sont têtus, et peu à peu la réalité s’impose : pour en finir avec le système capitaliste ancien et instaurer un capitalisme d’Etat libéré de la finance, les gouvernements ont, à quelques exceptions près, creusé les déficits et accumulé la dette. Mais vient le moment où le remède s’avère pire que le mal. La crise de la dette commence à secouer sérieusement les économies développées, et menace gravement le système monétaire international. La meilleure illustration est fournie par la Grèce, et le danger que son endettement fait courir sur l’ensemble de la zone euro. Avec un déficit budgétaire
de quelque 13% du PIB, Faute de croissance et de
recettes fiscales, les Etats n’ont plus que deux portes de sortie :
la dette et l’inflation. L’inflation est exclue pour les Grecs comme
pour les Français, comme pour tous les pays de la zone euro, justement
parce qu’il y a le bouclier de l’euro. Les Etats ont abandonné leur
souveraineté monétaire entre les mains de Si Que se passera-t-il quand la dette de l’Etat français sera elle aussi estimée « impayable » ? La sagesse conseillerait de la réduire immédiatement, donc de maîtriser les déficits en diminuant les dépenses publiques. Mais si nos gouvernants ne s’y résolvent pas, le déclassement nous menace aussi. Dans ce cas, l’euro sera également menacé. La France fera pression sur la BCE pour obtenir le refinancement à meilleur compte d’une partie de sa dette. Ou bien la BCE demeure inflexible, et la France sortira de la zone, ou bien la BCE accepte le laxisme français (avec l’accord des autres pays membres de la zone) et elle pratiquera l’inondation monétaire, dévaluant l’euro et déclanchant une inflation généralisée en Europe. L’affaire est déjà prise très au sérieux, au point que l’euro vient d’atteindre son cours le plus bas contre le dollar (à 1,45 $ pour 1 €) depuis trois mois. Ainsi la dette pourrait-elle se transformer en inflation, et après le contribuable ce serait au tour du consommateur de payer la facture des Etats. A l’explosion fiscale succéderait l’effondrement du pouvoir d’achat. Le 23 Décembre 2009
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