HOMMAGE A AMBROISE CROIZAT


L’actualité politique et syndicale remet à la une le personnage historique d’Ambroise Croizat : d’une part, la CGT a tenu son congrès, marqué par de nombreuses attaques contre Bernard Thibault ; d’autre part, la mairie de Paris a décidé de donner son nom à une place près de la Porte d’Orléans, et la cérémonie a eu lieu mardi 2 décembre.

Mais qui est Ambroise Croizat ? Les plus jeunes d’entre vous l’ignorent sans doute, mais les plus anciens se rappellent quel héros du syndicalisme et de la résistance française il fut jadis.

Laissons à l’Humanité du 1er décembre, sous la plume de Michel Etiévant, le soin de nous renseigner.

« Ouvrier métallurgiste à treize ans, député communiste du Front populaire, Ambroise-Croizat participe à l’élaboration, dans la clandestinité, du programme du Conseil national de la Résistance qui aboutit, à la Libération, alors qu’il est ministre du Travail, à la création de la Sécurité sociale ». Voici encore une citation de Croizat, extraite de son dernier discours à l’Assemblée Nationale le 24 octobre 1950 : « Jamais nous ne tolérerons qu’un seul des avantages de la Sécurité sociale soit mis en péril. Nous défendrons à en perdre la vie et avec la plus grande énergie cette loi humaine et de progrès ».

Si l’on en croit l’Huma, la vie n’a pas toujours été facile pour le militant communiste : « Vient l’année noire, 1939. Arrêté le 7 octobre avec trente-cinq autres députés communistes, il est incarcéré à la Santé. Fers aux pieds, il traverse quatorze prisons avant de subir les horreurs du bagne d’Alger». Mais l’Huma ne s’attarde pas sur ces détails. Et c’est à juste titre.

En effet en 1939 Ambroise Croizat et 34 de ses collègues communistes (sur 45) ne sont pas arrêtés pour faits de Résistance, mais tout au contraire pour « action contre la guerre », puisqu’à l’époque le Parti Communiste était dans le camp d’Hitler et appelait les jeunes Français à la désertion, pour suivre l’attitude exemplaire de Maurice Thorez, exilé volontaire à Moscou pour ne pas avoir à tirer sur les troupes allemandes. Croizat sera libéré en 1943, et immédiatement infiltré dans le dispositif de la Résistance. Membre du Conseil National de la Résistance en tant que représentant de la CGT clandestine, il se retrouve à Alger – où il n’y avait pas de « bagne » mais où De Gaulle et Giraud s’affrontent. Et c’est alors que « mûrit » le projet de la Sécurité Sociale. Citons encore l’Huma : « À la tête d’une commission de résistants, Ambroise trace dès l’été 1943 les moutures de ce qui va devenir l’un des systèmes sociaux les plus enviés au monde. « Dans une France libérée, nous libérerons le peuple des angoisses du lendemain ! » écrit-il le 14 janvier 1944 ». Naturellement l’Huma ne peut dire à ses lecteurs la vérité sur la Sécurité Sociale, qui n’a pas été inventé par la Résistance, mais bien par le régime de Vichy et René Belin, ministre du Travail, dès 1941. Il est vrai qu’à l’époque les anciens socialistes ralliés au Maréchal pouvaient avoir les mêmes idées que les communistes hostiles à la guerre. Pas davantage l’Huma ne peut avouer que la Sécurité Sociale est en faillite, et que la CGT est partie prenante de la ruine de la France, aujourd’hui comme hier.

C’est d’ailleurs un mauvais procès d’intention qui a été adressé à Bernard Thibault par les plus gauchistes des cégétistes. Le secrétaire confédéral était bien sûr au premier rang des invités à l’inauguration de la place Ambroise Croizat, aux côtés de Marie Georges Buffet et de Bertrand Delanoë. Mais il travaille utilement au sabotage de l’économie française, et à la diffusion du message de haine que porte le principe marxiste de la lutte des classes. Il n’est pas de semaine où les drapeaux de la CGT n’embellissent les écrans de télévision, et les représentants de la CGT ont le monopole médiatique des problèmes sociaux : licenciements, accidents du travail (et maintenant suicides), grèves, manifestations, interviews. Que pourrait-on reprocher à Bernard Thibault ? La fréquence de ses rencontres avec Nicolas Sarkozy ? Il explique très bien que c’est pour se poser en seul interlocuteur valable du président de la République.

Certes la CGT est sur le terrain dépassée par les « collectifs » ou quelques irréductibles du genre Sud. Mais cela permet de lui donner une honorabilité et une « représentativité » qui lui valent l’adhésion de quelques salariés, et l’oreille du patronat et du gouvernement.

Depuis près d’un siècle, les communistes n’ont jamais cessé de mentir, de trahir la France tout en clamant défendre les Français. Ils n’ont jamais défendu que leur idéologie et leurs intérêts. « L’Humanité » n’a jamais défendu que les causes et les dictatures les plus inhumaines : de Staline à Hitler d’abord, puis de Mao, Castro, Pol Pot, Ben Bella ensuite, et aujourd’hui de Chavez, Morales et consorts. Il était temps, en effet, de rendre hommage à cette tradition en honorant Ambroise Croizat.

Le 16 Décembre 2009

   
 

 

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