AFGHANISTAN : DES MILITAIRES PLUTÔT QUE DES SOLDATS


La décision de Barack Obama d’envoyer des renforts de troupe substantiels en Afghanistan a évidemment de quoi surprendre les 90% des Français qui ont été ses supporters fervents, qu’il s’agisse du Président Sarkozy, de la droite anti-américaine ou de la gauche anti-capitaliste.

Le règne d’Obama laissait entrevoir deux changements diplomatiques décisifs. D’une part, les Etats-Unis devaient renoncer à une diplomatie « unilatérale », et tenir enfin compte de l’opinion de ses partenaires occidentaux. D’autre part, l’ingérence des Etats Unis dans les affaires du Moyen Orient au prétexte de lutte contre Al-Qaïda devait laisser place à un dialogue fructueux avec des dirigeants jusque là exclus du cénacle mondial. La rencontre avec les dictateurs en place s’imposaient : il fallait réhabiliter Ahmadinejad, le Hamas et quelques autres pour construire la paix avec eux.

On est bien loin du compte. Obama n’a visiblement consulté que l’état major américain pour prendre sa décision, et elle s’est imposée aux pays membres de l’OTAN – ce qui gêne Nicolas Sarkozy qui a décidé que la France fasse retour à l’OTAN. On est à nouveau en plein unilatéralisme. Les Etats-Unis détiennent les bases de la diplomatie mondiale. Pour autant la ligne devient assez proche de celle de George W. Bush. Après avoir apparemment abandonné Israël, notamment sur le problème des colonisations, le ton se durcit maintenant avec le Hamas, et Hillary Clinton aussi bien que Dick Cheney reviennent à des alliances plus « classiques ».

Alors, que reste-t-il à faire pour les partenaires Français ? Ils ont trouvé une parade habile, d’ailleurs dans l’air depuis quelques mois sous l’impulsion de Bernard Kouchner. Les militaires que l’on va envoyer en renfort en Afghanistan ne seront pas des soldats. Ils n’auront pas mission de faire la guerre et d’affronter les talibans les armes à la main. Ils seront là pour former des militaires de l’armée afghane, mais aussi pour ouvrir et entretenir des routes, construire des écoles et des logements. On fait le pari que la population rejettera d’autant mieux les talibans que les Occidentaux feront quelque chose pour lutter contre la misère et la corruption. L’honneur est sauf : on ne dit pas non à Obama, mais on n’engage pas de troupes supplémentaires. Au fait ; quelle est la diplomatie française ?  

Le 9 Décembre 2009

   
 

 

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