GREENPEACE : LA PAIX VERTE


Greenpeace est une de ces pièces majeures de la démocratie française décrite par Jacques Garello. Il y a peu d’associations qui portent un nom aussi fidèle aux objectifs qu’elles s’assignent. Les gens de Greenpeace ce sont d’abord des Verts. Ils sont les sauveurs de la planète, ils luttent sans arrêt contre la pollution, la croissance économique qui en est la cause et le système capitaliste qui produit cette croissance. Mais ces Verts sont aussi des non violents. Leurs méthodes sont éprouvées : ils bloquent un train en se couchant sur la voie, ils barrent l’entrée d’un port en installant une chaîne de bateaux, ils s’enchaînent aux grilles des ministères et préfectures. Maintenant ils envahissent le Palais Bourbon, cœur de la démocratie française.

Tout cela est bien marqué du sceau du pacifisme, et on ne comprend pas pourquoi les autorités publiques trouvent quelque chose à redire à ces manifestations qui tiennent plus du spectacle que de la guerilla civile. Il a été scandaleux que les services secrets français aient jadis tenté de saboter en Nouvelle Zélande l’un des bateaux de Greenpeace, sur l’ordre de feu Charles Hernu.

Certes on ne sait d’où vient l’argent de Greenpeace, en dehors des substantielles subventions que leur allouent les pouvoirs publics qui sont mal payés de retour. Certes les gens de Greenpeace portent cagoules et matraques, ils ne sont apparemment ni fichés ni poursuivis. Certes ils n’ont cure de la propriété privée, de la sécurité publique, et de la liberté des autres. Certes leur non violence n’est pas celle de Gandhi, mais plutôt celle de Lénine, et ils pratiquent le coup d’état plutôt que la grève de la faim. Mais tout cela s’explique aisément par la noblesse de la cause qu’ils défendent.

Greenpeace, c’est bien au-delà de la démocratie directe, on ne se satisfait pas de la mascarade des élections ni des élus du peuple. Car Greenpeace défend les intérêts de gens qui ne sont pas représentés dans les assemblées élues : les générations futures menacées d’apocalypse, les pauvres du Tiers Monde exploités par la mondialisation, et de façon générale toutes les minorités et communautés qui sont en voie de disparition dans la société de consommation.

Voilà au fond ce que signifiait l’intrusion pacifique dans la maison de nos députés : nous, minoritaires organisés, nous avons plus de pouvoir que vous, et sachez faire un meilleur usage de votre éphémère pouvoir à l’occasion de la conférence de Copenhague qui, comme tout le monde le sait, apportera la paix et garantira la survie de notre planète.

Le 9 Décembre 2009

   
 
   

 

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