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Jacques
Garello nous en a parlé dans son éditorial de la semaine
dernière « Epidémie » à propos de la « peste keynésienne ».
La maladie s’aggrave et il nous faut y revenir. Le credo nouveau est arrivé, la
religion universelle est là : la relance. Je relance, tu relances, il relance,
nous relançons, vous relancez, ils relancent. Tous, le G20, le FMI, les USA, Il
y a pourtant ici ou là quelques doutes. Le rapport semestriel de l'OCDE est siginficatif, car on y perçoit de grandes hésitations. Les
experts prévoient certes une récession en 2009, presque partout, mais ils annoncent
une reprise en 2010, avec en moyenne 1,5% de croissance (ceux qui se croyaient
en 1929 en seront pour leurs frais). Bien
entendu, ils entonnent le cantique de la relance, puisque c’est un passage obligé,
mais avec des nuances. Le Figaro les résume en titrant sur six colonnes :
« L’OCDE met en garde contre les dépenses publiques excessives et mal orientées ».
Y aurait-il donc relance et relance ? Ecoutons encore notre confrère :
« Fidèle à son credo libéral, même en temps de crise, l’OCDE a mis en garde
les gouvernements des pays membres contre des plans de relance trop dispendieux
qui feraient la part belle aux aides sectorielles ». Y aurait-il donc encore
quelques libéraux, même à l’OCDE ? Qu’on
se rassure. L’OCDE ne s’est pas convertie à l’ultra-libéralisme. Son chef économiste
déclare en effet : « La relance budgétaire n’est acceptable que si elle intervient à point nommé, si elle
reste ciblée et temporaire, et si elle intervient dans les pays où la récession
est la plus forte, et la marge budgétaire la plus importante ». Notons en
passant que cela exclurait une relance en France, qui n’a aucune marge budgétaire,
ou les USA ou l’Angleterre, puisqu’elles sont déjà en déficit massif. L’OCDE met
tellement de conditions qu’on a l’impression que si elle est encore pratiquante
de la religion keynésienne, elle n’a plus la foi. L’OCDE aurait accepté une relance
seulement dans les pays à excédent budgétaire. « Les pays qui dépensent le
plus sont plutôt ceux qui n’en ont pas les moyens ». De
plus, l’OCDE aurait préféré des baisses d’impôts « à une relance keynésienne
par les infrastructures ». Il paraît que la
relance par les grands travaux est trop longue à mettre en œuvre et peu efficace
à court terme. Mais l’OCDE reste plutôt keynésienne en envisageant les effets
de la relance par baisse d’impôts sur la demande et non sur l’offre. Si elle approuve
le sauvetage du secteur financier, elle émet de fortes réserves contre le soutien
à l’industrie ou à des secteurs particuliers comme l’automobile. « Les aides
publiques ne se justifient que s’il y a un risque systémique, c'est-à-dire un
risque de contagion, comme dans la finance ». Mais « si un constructeur
automobile fait faillite, les acheteurs iront voir la concurrence ; il n’y
aura pas là d’effet de contagion ». Sinon, ou ouvre la boite de Pandore et
il faudra à terme soutenir chaque secteur concerné ! Ainsi,
à l'instar des Allemands, les gens de l'OCDE commencent à avoir des doutes. Ils
ne savent plus à quel saint se vouer. Cette hésitation pourrait annoncer une accalmie
dans la propagation de l'épidémie keynésienne. Une course de vitesse est donc
désormais engagée : les esprits retrouveront-ils la raison avant que les méfaits
des plans de relance soient visibles ? Si c'était le cas, on pourrait peut-être
échapper à la catastrophe, on pourrait arrêter la course au dirigisme avant que
les dégâts ne soient trop importants. Avant que les fameuses relances n’aient
relancé déficits et inflation, et retardé la reprise. Il est vrai que, pour leur
part, les idéologues ne changeront jamais. Jean Yves Naudet Le 4 décembre 2008 ___________________________ Jean
Yves NAUDET est Professeur d’Economie à la faculté de droit de l'Université
Paul Cézanne. Il a créé et dirige le Centre d’Ethique Economique et de
Déontologie Professionnelle. Il dirige depuis Janvier 2002 le Magistère
Journalisme, Communication, Economie de la Faculté d'économie appliquée.
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