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La cause est entendue : avec la crise
actuelle, tous les pays seront en récession en 2009, avec une croissance négative,
pour les grands pays, selon le FMI, allant de – 0,2% à -1,3%. Bien sûr, cela ne
concerne, même si on oublie souvent de le dire, que les pays développés, car les
pays émergents, même s’ils ralentissent un peu, poursuivent leur croissance. Nous
avons vu que Mais dans les grands pays occidentaux, il
y a une exception qui n’a pas été relevée très souvent : le Canada sera le
seul pays du G7 à poursuivre sa croissance en 2009. Ce ne sera pas glorieux, certes,
mais le Fmi prévoit en 2009 + 0,3% de croissance, contre, par exemple, un recul
de 1,3% en Grande-Bretagne. Cela mérite d’être noté, car le contraste n’est pas
négligeable. Certes, chacun explique, G20 en tête, que
la solution à la crise économique a été trouvée : c’est la relance keynésienne,
les déficits publics, les emprunts pour financer des dépenses publiques en hausse :
du G20 au FMI, de Sarkozy aux Chinois, tout le monde veut renouer avec les beautés
du keynésianisme : les dépenses publiques en hausse, les déficits accrus,
voilà les solutions à la récession. Seuls quelques esprits mal tournés, comme
nous, font remarquer que le keynésianisme a toujours échoué, que la relance par
la demande globale et les déficits publics n’a jamais relancé que l’inflation
et le chômage, et que, en toute hypothèse, les déficits publics étaient déjà explosifs
et excessifs : pourquoi ajouter, comme le disait déjà Jacques Rueff dans
un autre contexte, « des plans d’irrigation pendant le déluge ». Or il y a un élément que les observateurs
ont peu souvent relevé, car il n’est pas politiquement correct : le seul
pays du G7 pour lequel on prévoit une croissance positive l’an prochain est aussi
le seul qui ait un excédent budgétaire ! Il y a onze ans que le pays est
en excédent budgétaire, et la croissance économique n’a pas disparu pour autant,
au contraire. Ils ont d’ailleurs été essentiellement affectés à la réduction de
la dette publique, qui était de 70% du PIB en 1994 et qui devrait tomber en dessous
des 25% en 2011 : de quoi faire rêver bien des pays. L’économiste de Bien étendu, cela ne suffit pas. La croissance
a été boostée, du coté de l’offre et de l’incitation à produire, par la baisse
des impôts qui se poursuit depuis des années ; et cette baisse des impôts
a été d’autant plus facile à réaliser que les Canadiens avaient fait de profondes
réformes, pour réduire drastiquement les dépenses publiques et le périmètre de
l’Etat, diminuant fortement la part de la fonction publique et les transferts
financiers aux provinces. On parle même parfois de « modèle » dans ce
domaine et le discours tenu aujourd’hui pour proposer l’inverse de la rigueur
budgétaire est tout à fait étonnant. D’autres réformes de structure ont aussi
eu lieu. Le résultat, ce n’est pas seulement le maintien
d’une croissance positive, en dépit de la récession chez le grand voisin américain,
dont le Canada dépend fortement, mais aussi une certaine maîtrise de l’inflation,
des créations d’emplois réelles et donc un taux de chômage stable à 6% environ
de la population active. L’investissement productif lui-même, principal moteur
de la croissance, est en hausse sensible. Et comme les banques ont été plus prudentes
qu’ailleurs, sans doute en raison de la prudence de leur banque centrale, les
Canadiens sont moins touchés par la crise du crédit et cela d’autant plus qu’elles
ont plus de fonds propres qu’ailleurs. Et pourtant, nous sommes inquiets, car la
pression internationale, du G20 au FMI, est énorme ; tout le monde doit relancer,
à commencer par les plus vertueux. C’est leur demander de tenir pour rien leurs
efforts anciens de maîtrise des dépenses et leur demander de faire autant de bêtises
que les autres. C’est le plus court chemin vers la récession.
Le 3 décembre
2008
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