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On connaît le discours : aux Etats-Unis,
non seulement les « inégalités » (les écarts de revenus) seraient importantes,
mais encore elles ne cesseraient de s’accroître, les riches devenant de plus en
plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres, et toujours les mêmes occupant
la classe supérieure. Les Echos rapportent les résultats d’une enquête qui
a été faire aux USA par le département du Trésor (le fisc américain), qui montre
que tout cela est faux. « L’ascenseur social » américain n’est pas en
panne. D’après cette étude (faite à partir des
déclarations d’impôts de 117 millions d’Américains) globalement, la majorité des
contribuables américains a vu sa situation matérielle s’améliorer entre 1996 et
2005. La croissance des années 2000 a bénéficié à tous ou presque, car les seuls
à n’avoir pas vu leur situation s’améliorée sont... les plus riches : pas
tout à fait l’image habituelle ! Plus intéressant encore : plus de la
moitié des Américains appartenant au groupe des 20% de contribuables les plus
pauvres sont passés en dix ans dans un groupe aux revenus plus élevés. Cela en
dit long sur la mobilité sociale et l’ascenseur social aux Etats-Unis. Le revenu
médian (corrigé de l’inflation) a progressé de 24% en dix ans, et le revenu moyen
de 38% ; on ne peut pas en dire autant en France. En sens inverse, seuls un quart
des 1% de contribuables les plus riches en 1996 sont encore dans cette catégorie
en 2005. Ils ont été « doublés », précisent Les Echos, par de « nouveaux
riches ». Résumé saisissant de notre
confrère : « Les plus pauvres tendent à progresser ; les plus riches
peinent à le rester ». Bien entendu, cela n’est pas politiquement
correct en France, où l’idéologie exige de mentir sur le système américain. Les
beaux esprits font valoir que l’étude a été faite par le fisc, donc ne prend en
compte que les contribuables imposables, écartant ainsi les 20% les plus pauvres,
non imposables. Mais toutes les autres enquêtes montrent que cette mobilité sociale
concerne aussi les plus bas revenus, qui changent pour la plupart d’entre eux
de catégorie en quelques années : les plus démunis ne sont pas condamnés
à le rester, et ils deviennent très vite de nouveaux contribuables. De toutes
façons une étude, ne porterait-elle que sur 80% des Américains, est déjà fortement
représentative. De même, il existe un effet vieillissement :
en prenant de l’âge on est souvent plus qualifié, on progresse dans sa profession
et on gagne plus. Mais cela fait aussi partie de la mobilité sociale que de progresser
tout au long de sa vie et on ne voit pas en quoi cela infirme le résultat ci-dessus.
Chez nous la plupart des retraités sont promis à la médiocrité. Cependant, nous ne comprenons pas en quoi tout cela conduit notre excellent confrère, qui nous avait habitués à des conclusions plus rigoureuses, à conclure que si l’Amérique n’a jamais été aussi riche, « les inégalités sociales s’accroissent », alors que toute l’étude citée vient de démonter le contraire. Il y aurait, disent les Echos, deux lectures politiques différentes : celle des démocrates et celle des républicains. Il n’en demeure pas moins si on exclut politique et idéologie, que les statistiques sont claires : l’ascenseur social américain fonctionne.
Le 5 décembre
2007
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