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Le rapport PEBEREAU a su retenir l’attention des gouvernants
et des médias : on va enfin parler de la dette publique de façon
(nous l’espérons) sérieuse. On peut s’en surprendre et s’en
réjouir. S’en surprendre car voilà au moins
dix ans que les libéraux et les autres observent la dérive des dépenses
publiques, et la fâcheuse tendance des gouvernements et des parlements
successifs à distribuer un argent qu’ils n’avaient pas, en dépit des sacrifices
croissants imposés aux contribuables et cotisants. Nous n’avons cessé
de rappeler, ici, que la France vit au-dessus de ses moyens, ou plus précisément
que les hommes de l’Etat et du secteur public
jettent l’argent par les fenêtres et ne se privent de rien. On peut s’en réjouir, car on vient
d’entendre des discours que l’on ne pouvait imaginer naguère : il
faut stabiliser la dépense publique et pour ce faire diminuer le nombre
des fonctionnaires, il faut réformer l’Etat
en l’allégeant, en rendant au secteur privé un certain nombre d’activités,
il faut rééquilibrer les régimes sociaux – chômage, retraites, maladie.
Voilà donc de nombreux converts à l’ultra-libéralisme !
La seule question qui se pose actuellement
est de savoir si les réformes nécessaires à la réduction de la dette publique
seront effectuées. Qui en aura le courage ? De ce point de vue, il semble que
les esprits ne soient pas encore complètement éclairés, et nous ne saurions
trop conseiller de parcourir le compte rendu d’un très beau colloque qui
s’est tenu à Genève la semaine dernière (mardi 6 décembre), organisé par
l’IREF (Institut de Recherches Economiques et Fiscales). Au
cours de ce colloque, sur le thème : « Dette publique aujourd’hui,
chômage demain », plusieurs points ont été mis en évidence : 1° La dette publique en France est
d’autant plus inquiétante qu’elle n’a cessé de croître, alors qu’elle
s’est stabilisée ailleurs. 2° Plus inquiétante aussi parce
qu’elle n’est pas due à un effort d’investissement qui préparerait l’avenir
(infrastructure, éducation, recherche scientifique, etc.)
mais seulement au dérapage des dépenses courantes de fonctionnement, et
notamment des dépenses de personnel. 3° Le service de la dette (c’est
à dire le seul paiement des intérêts, sans remboursement du capital) représente
14% du budget, c’est à dire l’équivalent du déficit annuel ! 4° On ne peut réduire la dette en
augmentant les impôts. Dans tous les pays observés par l’étude (sur 295
données) pas un seul n’a réussi par ce biais, bien au contraire, parce
que des impôts nouveaux font perdre les incitations des entrepreneurs
et des travailleurs à produire davantage, et des épargnants à placer leur
argent. 5° A l’inverse, les pays qui ont
allégé leur dette sont ceux qui ont diminué les impôts, et partant de
là ont encouragé la croissance, améliorant ainsi les rentrées fiscales
(effet Laffer). 6° Le grand remède demeure, en effet,
la diminution des dépenses publiques, mais elle doit aussi s’accompagner
de la disparition de tous les autres freins à la croissance, et notamment
les freins de la réglementation, que ce soit sur le marché du travail
ou sur celui des produits. En conclusion,
il est temps de réagir contre ce que Jacques Garello
a appelé le « fiscal warning », un fléau qui menace le futur
de nos enfants, petits-enfants, et peut-être même notre proche futur.
La dette d’aujourd’hui c’est le chômage de demain, c’est aussi la fin
de l’illusion de l’Etat Providence. On peut trouver le détail de la conférence de Genève sur le site www.irefeurope.org.
Le 21 Décembre
2005
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