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Notre confrère Les Echos fait le point avec objectivité, région par région : « La poussée de fièvre fiscale se confirme ». La hausse devrait être de 5% à 35 ou 40% suivant les cas ! « Si 2004 et les deux précédentes ont été marquées par une relative stabilité de la pression fiscale des régions, 2005 n’en prend pas le chemin. D’après les premières indications, livrées par les nouveaux exécutifs, les contribuables peuvent s’attendre à un brusque retour de balancier. La fourchette des hausses, qui vont être annoncées dans le cadre des débats d’orientation budgétaire d’ici à la fin du mois, varierait entre 5% et 35% selon les régions que contrôle la gauche ». Et Les Echos de faire le tour de France des régions. Il est question de 25% de hausse en Ile de France, avec Jean-Paul HUCHON. « L’exécutif régional a impérativement besoin de nouvelles ressources pour financer son programme et notamment la création d’un millier d’emplois tremplins. ». Et cette hausse de la fiscalité n’empêchera pas un recours massif à l’emprunt (600 millions contre 520 en 2004), c'est-à-dire aux impôts de demain. En Poitou-Charentes, Ségolène ROYAL a tellement promis pour faire basculer la région que la pression fiscale devrait bondir de 30% en un an. Là encore les emplois tremplins sont en bonne place. Ailleurs, dans d’autres régions, ce sont 2000 emplois publics promis qu’il faut financer, ainsi que le développement des TER. En Languedoc-Roussillon, le président du groupe socialiste à la région avance même une hausse des impôts de 35 à 40% ! En Provence-Alpes-Cote d’Azur, la gauche était déjà au pouvoir et Michel VAUZELLE avait déjà très fortement augmenté les impôts régionaux sous la précédente mandature. Il va poursuivre dans le même sens avec une hausse de 10 à 20% au minimum. Partout, cette hausse massive des impôts régionaux s’accompagne d’une explosion des emprunts, ce qui constitue une façon de minimiser la hausse immédiate des impôts, qui sans cela serait encore plus explosive, et de masquer ainsi l’explosion des dépenses. Mais la facture n’en sera que plus élevé demain et l’avenir des régions est compromis par cette fuite en avant : il faudra bien, ici comme ailleurs, que la génération suivante rembourse ces emprunts, grâce à de nouveaux impôts. Certes, il ne faut pas minimiser le fait que le gouvernement a sa part de responsabilités en transférant des charges sans les recettes correspondantes. Il y a là une mauvaise application de la décentralisation et un refus de transférer au secteur privé bien des tâches qu’il pourrait accomplir. Mais on voit surtout dans cette explosion fiscale et dans celle des emprunts la trace du socialisme régional. Car s’il existe un socialiste national, avec la dérive des dépenses sociales en particulier, et un socialisme municipal dans de nombreuses communes, on voit apparaître depuis peu un socialisme régional, avec un progression effrénée et démagogique des dépenses. Avec la politique d’emprunt suivie et les mauvaises habitudes prises, il faudra des années pour renverser la vapeur, si la gauche perd un jour le pouvoir régional. Il y a là une véritable perversion de la démocratie, qui consiste à arroser l’électeur de promesses que l’on sait difficilement tenables financièrement et à l’accabler ensuite de taxes et d’impôts pour financer ces promesses de campagne. C’est ce qui permet à la France d’être championne en matière de pression fiscale.
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