POUR UN DROIT AU LOGEMENT "OPPOSABLE"


Dans son 9ème rapport, le Haut Comité pour le logement des personnes défavorisées a insisté sur la pénurie de logements en France et sur son rôle dans l’exclusion : trois millions de personnes n’ont pas de logement ou ont recours à des formules précaires (squats, lieux insalubres,…).

 

Répondant au Président de la République, qui s’interrogeait sur les moyens de rendre effectif le droit au logement, le Président du Haut Comité, Xavier EMMANUELLI, déclarait au Figaro : « Pour garantir le droit au logement, il faut d’abord le rendre opposable. Cela implique concrètement de désigner une autorité politique responsable de sa mise en œuvre à l’égard des citoyens. (...) Cette autorité pourrait être le groupement intercommunal ou la région ».

 

Un droit opposable, à l’image de ce qui se passe déjà pour la scolarisation ou les soins, permettrait de créer des voies de recours, amiables et juridiques. Le citoyen pourrait se retourner contre l’autorité –locale ou nationale- chargée d’organiser ce droit. C’est un peu comme si on rendait les collectivités locales ou l’Etat responsable du droit au travail, avec obligation de créer des emplois publics pour rendre ce droit effectif.


Dans le même esprit M. EMMANUELLI regrette que le budget ne prévoie la création que de 80 000 logements sociaux, quand il en faudrait 120 000 ou 130 000 par an. « Il faut une loi de programmation en faveur du logement qui concrétiserait un renforcement de l’effort de l’Etat en faveur du logement social ». S’il demande aussi de retrouver le rôle social du parc locatif privé en développant le conventionnement, la tonalité générale reste très étatique et Le Figaro rappelle par exemple que c’est à la demande de Xavier EMMANUELLI et de l’abbé PIERRE que le Président Jacques CHIRAC a empêché que la loi SRU ou « loi Gayssot » (qui impose un quota de 20% aux communes sous peine d’amendes) ne soit abrogée par les députés de la majorité, scandalisés par cette conception quasi-totalitaire, peu soucieuse de la liberté des communes et de la propriété privée.


Doit-on voir dans l’Etat, le secteur public, les collectivités locales, bref les impôts, la solution quasi-unique ? Ce n’est pas le manque d’Etat qui a créé la crise du logement, c’est le trop plein d’Etat et de réglementations. Le meilleur moyen de rendre effectif (et non pas opposable) le droit au logement, c’est de laisser fonctionner le marché : il peut produire du pain ou des automobiles, des machines à laver ou des ordinateurs. Pourquoi ne pourrait-il pas produire de la même façon des logements, des services de santé ou des services d’éducation ? Et partout la concurrence fait baisser les prix.

 

Il est vrai qu’une offre abondante de logements ne règle pas la question de l’accès au logement des plus démunis. Il faut alors envisager des mécanismes de solidarité, de préférence volontaire. Recourir à la puissance publique n’a jamais rendu un droit effectif, au contraire. C’est le plus sûr moyen de provoquer une pénurie artificielle.

 
   

 

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