![]() | ||||||||||||
|
Le gouvernement ne relâche pas la pression sur les consommateurs français. Elle va de pair avec la pression fiscale sur les contribuables français, puisque les cadeaux faits aux acquéreurs de véhicules électriques sont payés avec les impôts. Il est vrai que nous retrouvons ces impôts supplémentaires sous forme de retombées médiates et lointaines (« externalités » disent les économistes) : la planète est protégée, les ressources naturelles sauvegardées : vive la fiscalité verte. Vive aussi la croissance verte : grâce à la fabrication en France de voitures électriques, notre pays pourrait devenir très vite le premier exportateur mondial. L’avance technologique que nous allons prendre va nous permettre assurément de faire irruption sur le marché mondial avec des coûts de production très compétitif. Sans rire, Messieurs Bertrand et Bresson ont suggéré que ces voiturettes pourraient être achetées par centaines de milliers par les Chinois, dont on connaît l’engagement écologique. Faisons tout de même le point fiscal et technique sur ces merveilles de la mécanique française. Remarquons d’abord que les voitures électriques se vendent bien, puisque l’Etat et les entreprises publiques (EDF, SNCF, La Poste) vont passer commande de 40.000 véhicules. « La bataille de la voiture décarbonnée est devant nous, elle est absolument mondiale, elle est incontournable et on va la gagner » déclare Jean Louis Borloo. Elle est gagnée avec l’argent du contribuable, car c’est bien lui qui paiera directement (achats de l’administration) ou indirectement (achats par des entreprises subventionnées). C’est aussi le contribuable qui règlera la prime de 3.000 euros pour l’achat par les particuliers d’un véhicule électrique. Quand on sait qu’une petite voiture classique peut coûter autour de 7.000 euros, on voit que nos gouvernants ne regardent pas à la dépense ! Quant
aux perspectives de développement de cette « industrie d’avenir », qui
recevra quelque chose du grand emprunt, elles demeurent incertaines, et l’histoire
de la voiture électrique n’est pas rassurante. Ce
n’est pas la première fois que l’Etat soutient cette innovation. Au début des
années 1990 déjà, Renault et Peugeot avaient été invitées par l’Etat à proposer
des voitures électriques, et La Poste et EDF contraintes de les acheter. Mais
dès 1997, le nombre de voitures électriques vendues chutait de 1300 à 600, avant
que les constructeurs ne les retirent de leurs catalogues. En 2005 encore, La
Poste recevait 8 voitures électriques, fabriquées sur la base d’une Kangoo. Baptisé Cleanova, ce véhicule
« propre » est dit « moins coûteux qu’une voiture classique ».
Malgré ces qualités annoncées, le marché n’a absolument pas décollé. Les problèmes
d’autonomie et d’alimentation sont loin d’être maîtrisés. Si la voiture électrique
est le véhicule de demain, pourquoi la subventionner aujourd’hui ? Minitel ?
Concorde ? Plan Calcul ? Le 25 Novembre 2009
| ||||||||||||