L’IDENTITÉ NATIONALE REDÉCOUVERTE GRÂCE AU  FOOTBALL


Nos gouvernants se donnent beaucoup de mal pour nous aider à retrouver notre identité nationale. Le sport et le sort leur ont apporté une aide aussi précieuse qu’inattendue.

Cela s’est passé au début de la nuit du mercredi 18 au jeudi 19, quand l’équipe de France s’est qualifiée pour la phase finale de la Coupe du Monde de Football en battant l’Irlande, tandis que l’Algérie faisait de même en éliminant l’Egypte.

Côté français, la victoire française a été spectaculaire. C’est un spectacle rare en effet que de voir un joueur faisant une passe à la main pour permettre à son coéquipier de marquer le but salvateur. Ce foot-hand ball a déchaîné la colère des Irlandais, volés comme au coin d’un bois par cette erreur d’arbitrage qui les a éliminés, d’autant plus qu’ils avaient largement mérité de battre une équipe de France en panne d’imagination et de talent, jusqu’à ce génial coup de patte de Thierry Henri. Cette main entre dans l’histoire des mains célèbres, aux côtés de celle de Maradonna. Mais à la différence du génie argentin, le capitaine de l’équipe de France a reconnu sa faute, tout en prétendant qu’elle était involontaire. Une fois passé ce temps fort de la rencontre France Irlande, tout est rentt=ré dans l’ordre. Les supporters, Sarkozy en tête, se sont félicités de ce grand moment de sport et de la victoire de nos couleurs. Les spectateurs, qui ne s’étaient pas privés de siffler l’équipe de France à plusieurs reprises, et à juste titre, ont fini la journée dans l’euphorie. Notre identité nationale était sauve : être Français c’est penser que la fin justifie les moyens, c’est se ranger au dernier moment du côté du plus fort, c’est un peu de tricherie et beaucoup de fanfaronnade.

Rien de tel à propos des Algériens. Eux aussi ont été euphoriques, mais leur euphorie aura été plus appuyée que celle des supporters français. Le succès sur l’Egypte a été prétexte à envahissement du centre de Paris et de Marseille, et on a assisté à la scène, désormais classique, de la violence, de la casse et du pillage, et du défi lancé à la force publique. Sans vouloir mettre en accusation tous les Français d’origine algérienne, ni tous les Algériens vivant en France, de tels débordements – que l’on avait naguère subis à l’occasion du report du match OM-PSG – donnent la mesure de la joie que des personnes ordinairement calmes et rangées peuvent éprouver quand « leur » équipe de football remporte la victoire. Mais au fait : l’identité nationale qui était en cause ici était-elle celle des Algériens ou des Français, ou de ceux qui ont la double nationalité ? Avoir une identité nationale, c’est déjà difficile, en avoir deux çà l’est encore plus. Fort heureusement le sport est là pour découvrir et assumer la double nationalité.

Le 25 Novembre 2009

   
 

 

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