REFORME DE LA SANTE : UN VOTE HISTORIQUE A WASHINGTON


Samedi soir dernier, la Chambre des Représentants a adopté le plan de réforme de l’assurance maladie conçu par Barack Obama. Le Président a qualifié ce vote d’« historique » ; il lui fera peut-être oublier les échecs électoraux subis quelques jours plus tôt.

En fait, la victoire n’a rien de spectaculaire, et l’affaire est loin d’être terminée.

Tout d’abord, le vote a été très serré : 200 voix contre 215, il y a eu des défections dans les rangs démocrates, alors que les républicains, à une voix près, ont été unanimes à rejeter le texte. Les débats autour du texte (2.000 pages) ont été très animés, pas moins de 12 heures. Il a fallu que le Président lui-même vienne s’adresser à la Chambre pour soutenir ce texte, ce qui en dit long sur l’enthousiasme des Représentants démocrates.

En dépit de l’optimisme affiché par Barack Obama, rien n’est joué au Sénat. Désireux de hâter le mouvement, le Président voudrait avoir l’accord de la haute assemblée avant la fin de l’année, mais le président des sénateurs démocrates Harry Reid a bien laissé entendre que ses amis n’étaient pas aussi pressés, et que la réforme, compte tenu de son importance, méritait bien qu’on l’étudie avec attention…en 2010.

Il est bon de rappeler, s’agissant de cette réforme, ce que Jean Yves Naudet écrivait ici même il y a quelques semaines (Nouvelle Lettre n° 1013) :

1° La réforme Obama concerne en fait 5% des Américains qui ne sont pas assurés et voudraient l’être (10% des Américains ne sont pas assurés volontairement, ou pour des raisons dirimantes).

2° Elle ne propose pas un système de monopole public, mais une option : les personnes visées ont la possibilité de s’adresser soit à la nouvelle assurance publique soit à des assurances privées.

3° En revanche, les assurances privées aux primes les plus élevées vont devoir payer un impôt supplémentaire (qu’elles répercuteront sans doute dans le montant de leurs primes !).

4° Donc en aucun cas il ne s’agit, comme on le croit en France, d’un simple décalque de notre Sécurité Sociale ; chez nous une telle réforme passerait pour une privatisation ultra-libérale !

Alors pourquoi cette levée de boucliers ? C’est qu’aux Etats-Unis on a moins confiance en l’Etat, et on croit davantage au marché et à la concurrence.

Le 18 Novembre 2009

   
 

 

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