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LE 9 ET LE 11 NOVEMBRE 9 Novembre : vingtième anniversaire de la chute du mur de Berlin. 11 Novembre : cérémonie d’amitié entre Quelques
émotions, quelques fausses notes, quelques vrais dérapages. 9 Novembre : les émotions sont celles du souvenir du régime inhumain de la RDA, et du courage indéfectible des Allemands risquant leur vie pour passer à l’Ouest. Les émotions, ce sont encore les jeunes venus en masse, exprimant leur désir de voir tous les murs s’effondrer comme jadis le mur de la honte, et leur volonté de bâtir un monde ouvert et libre. Les émotions, ce sont Rostropovitch, avec son violoncelle comme il y a vingt ans, Lech Walesa poussant le mur de dominos. Les fausses notes : l’insistance à saluer le rôle majeur de Gorbatchev, comme si c’était l’URSS qui avait voulu faire tomber le mur (terme même du discours de Medvedev), le silence autour de Jean Paul II et, à un moindre titre de Reagan, l’absence d’Obama (la manifestation ne devait pas être politiquement correcte à ses yeux), et de manière générale l’impression que la libération avait été l’affaire des puissants de ce monde plutôt que celle des peuples sous le joug communiste. Il a fallu que Gordon Brown mette les points sur les i : ce mouvement n’est pas tombé du haut vers le bas, mais a émergé du peuple pour atteindre un sommet. Fausse note enfin la manifestation organisée à Paris, dont on n’a réellement pas compris la signification, et dont les coûts ont été sans doute très élevés, trop élevés dans cette période de déficits publics. Les
dérapages : quantité de séquences télévisées où l’on a fait l’apologie de
la RDA (en particulier sur Arte on a expliqué que la RDA s’occupait de culture
alors que la RFA s’occupait d’industrie), la présentation de la vie en RDA comme
solidaire et joyeuse, par opposition aux égoïsmes occidentaux, enfin la place
de « l’Ostalgie » dans tous les reportages : tous ces Allemands
qui regrettent le communisme ! 11 novembre à Paris : les émotions n’étaient guère au rendez-vous, si ce n’est chez les très anciens combattants, et les très jeunes interviewés à la télévision, et notamment ceux qui venaient d’Allemagne, expliquant qu’ils ne faisaient aucune différence entre les deux pays. Pour le reste, des discours compassés, des propos convenus de la part des deux chefs d’Etat. Fausse note : on a encore parlé de « réconciliation », alors même que le thème n’est réellement plus d’actualité. Il ne l’était déjà plus du temps de la fameuse cérémonie Kohl-Mitterrand, on se demande pourquoi il faut réconcilier des millions de Français et d’Allemands qui se visitent chaque année, qui font des affaires ensemble, qui écoutent les mêmes musiques, et échangent leurs voitures et leurs joueurs de foot. Dérapages :
la cérémonie franco-allemande a été sur fond médiatique de Verdun et d’Armistice,
pour bien rappeler aux Allemands que les vainqueurs, c’était bien nous. La fête
était bien plus bleu blanc rouge que noir jaune rouge. Etait-ce pour flatter l’électorat
patriotique du troisième âge ? Le plus grave dérapage : des débats passionnés,
mais pas passionnants, autour de la Résistance. La crainte de tous les nostalgiques
de la période 1940-1945 semble être que le nouveau visage du 11 novembre fasse
passer la Résistance à la trappe. La haine de l’Allemand a transpiré dans toute
cette affaire. On a eu l’occasion aussi de rappeler le rôle héroïque joué par
les communistes dans cette Résistance, en passant évidemment sous silence la désertion
de Thorez, les embrassades de Jacques Duclos avec les hitlériens à la belle époque
du pacte germano-soviétique, le soutien inconditionnel du PCF à l’occupation allemande
jusqu’en 1941, et les massacres perpétrés par les FTPF dans les régions de l’Ouest
et du Sud Ouest, aussi bien que par les commandos Marcel Paul dans les camps de
concentration. Finalement, ce qui ressort de ce 11 novembre nouveau style, c’est la volonté de montrer que l’Allemagne et l’Europe sont gouvernées depuis Paris, que les Français ont été et seront toujours au cœur du combat contre le totalitarisme, raison pour laquelle ils rendent hommage aux résistants communistes. Bref :
ringard, prétentieux et coûteux. Le 18 Novembre 2009
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