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| OBAMA, UN AN APRÈS Le gâteau d’anniversaire a eu un goût amer, et la première bougie a été un pétard. La défaite des candidats démocrates aux élections sénatoriales de Virginie et du New Jersey a été d’autant plus dramatique pour Barack Obama qu’il s’était fortement et publiquement investi dans la campagne. C’est donc un désaveu personnel qu’a essuyé le Président. La réélection de Michael Bloomberg à New York, et de Thomas Menino à Boston, au détriment des Démocrates assombrit encore le paysage. Cette mésaventure va certainement se répéter à l’échelon national à l’occasion des élections de mi-mandat. Les démocrates sont très affaiblis, et il y a une véritable sécession de la part des « blue-dogs », ces démocrates plutôt conservateurs qui sont contre l’avortement, le déficit budgétaire et les impôts. Il n’y en a pas moins d’une cinquantaine à la Chambre des Représentants. Beaucoup ont été élus par surprise dans les Etats traditionnellement républicains du Sud et du Middle West. Tous sont très sceptiques sur la réforme du système de santé ainsi que sur la réglementation pour réduire la consommation d’énergies fossiles. Ils n’ont que deux solutions : soit accepter d’être battus en soutenant inconditionnellement (comme les « yellow dogs) l’administration Obama et ses textes, soit se séparer du parti. Nancy Pelosi, porte parole des Démocrates au Congrès, s’attend à perdre beaucoup de voix à l’occasion du débat sur la réforme du système de santé, mais apparemment elle n’en a cure. De leur côté les Républicains semblent décidés à rompre avec la ligne Bush-Cheney qui a été à l’origine de leur défaite. Ils ne doivent pas apeurer les électeurs indépendants qui ont fait la balance la dernière fois en portant leurs suffrages sur Obama, en tenant des propos trop ouvertement réactionnaires. Ils ont plutôt intérêt à jouer sur la dimension morale de la société américaine (la volonté de progrès, la liberté et la responsabilité) sur laquelle, mise à part le problème de l’avortement, l’administration Bush avait été particulièrement faible, pratiquant un étatisme « à l’européenne ». Il faudrait en particulier que Dick Cheney garde le silence… Les trois sujets qui sont à l’origine de la décote d’Obama un an après son élection sont précisément, en premier lieu, les valeurs de l’Amérique, puis la réforme de la santé, puis la diplomatie. Sur les valeurs de l’Amérique, les discours d’Obama sur les tares de la société ont été trop appuyés et trop fréquents ; à l’en croire, les Etats-Unis sont la patrie du racisme, de l’exploitation, et de la rigueur morale (rejet par trop d’Américains des mariages homosexuels et de la légalisation de l’avortement). Les Américains sont surpris, puis scandalisés par ces propos anti-nationaux et mensongers. La réforme de la santé est aussi au cœur de l’impopularité du Président. Les Américains sont dans l’ensemble satisfaits de leur système actuel, tout en admettant qu’il est coûteux. Mais une chose est de vouloir abaisser le coût de l’assurance maladie en imposant une véritable concurrence entre assureurs, une autre de financer une assurance maladie publique (autre que Medicare et Medicaid) qui coûtera encore plus en impôts et surtout sera la porte ouverte à l’irresponsabilité et à la bureaucratie. Quant à la diplomatie, elle est pour le moins hésitante, en dépit de la bonne volonté apparente d’Hilary Clinton, dont on a l’impression qu’elle soit réellement soutenue par la Maison Blanche. Le discours du Caire a été reçu comme une catastrophe : en tendant la main aux Islamistes les plus intégristes, Obama a heurté les Israéliens et nombre de pays arabes modérés. Il s’est comporté comme si les Etats-Unis avaient un devoir de repentance à l’égard du monde arabe – ce qui était pour le moins exagéré. Les Israéliens et certains Européens sont également inquiets du manque de fermeté à l’égard de l’Iran, qui ne cesse de défier l’Occident, et dont la cible prioritaire est évidemment Israël. Les relations avec les latino-américains néo-marxistes sont également ambiguës, Castro et Chavez sont maintenant rentrés en grâce à Washington, et le gouvernement mexicain n’a plus guère confiance dans le parapluie du voisin du Nord. Enfin, et non le moindre, Obama n’a pas d’idée de manœuvre bien précise en Afghanistan et au Pakistan. Les militaires pensent déraisonnable de poursuivre sans renforts, et la Maison Blanche ne veut pas rééditer les douloureuses erreurs commises en Irak. En fait, Obama veut être l’ami de tout le monde, mais tout le monde ne veut pas être son ami. Il ne cesse aujourd’hui de clamer qu’il est difficile d’être Président : « plus difficile que de gagner des élections ». On ne sait quelle est la naïveté la plus touchante : celle d’un dirigeant qui pensait avoir les honneurs sans les responsabilités, ou celle des électeurs américains qui ont cru bon de choisir un homme tout à fait inexpérimenté pour tenir le rang de « l’homme le plus puissant du monde ». Obama a reçu le prix Nobel : cela peut-il l’encourager à faire mieux ? Le peuple américain, aujourd’hui, l’encourage à faire moins mal. Le 12 Novembre 2009
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