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| XXXIème
UNIVERSITE D’ETE DE Mercredi
26 août après-midi Le capitalisme face aux religions Les
condamnations du marché et du capitalisme au nom de la religion sont quotidiennes.
Sont-elles justifiées ? Jean Yves Naudet, président
de l’ Association des Economistes Catholiques de France, a commenté avec
précision et rigueur la très récente Lettre Encyclique du pape Benoît XVI « Caritas
in Veritate ». Il a souligné la continuité de la
Doctrine Sociale de l’Eglise, dont le noyau est toujours fait, de Léon XII à Jean
Paul II, du rejet du socialisme, de la défense de la propriété privée, et (ce
qui surprendra les profanes) d’attachement à la libre entreprise et au libre échange.
Benoit XVI précise la position de l’Eglise face à la
mondialisation, dans une conjoncture de crise. Loin de condamner le libre échange,
il recommande de ne pas verser dans le protectionnisme. Il souhaite sans doute
une coordination de l’activité économique au niveau mondial, mais cela ne peut
être un cartel d’Etats. L’essentiel du message est cependant spirituel :
la crise est due à la déshumanisation des rapports économiques, prolongement de
l’absence de Dieu dans le monde contemporain. La mondialisation est l’occasion
d’un amour (caritas) entre membres de la famille humaine, mais cet amour
ne peut naître que de la reconnaissance de Dieu (veritas).
Le docteur Nouh El Harmouzi
(Cato Institute) explique
comment les idées libérales sont bloquées dans le monde arabe actuellement. Dans
les sociétés arabes, la religion occupe la première place parce que l’Islam est
un projet de société. Au départ le Coran délivre un message individualiste et
responsabilise l’homme. Cela explique l’extraordinaire performance de l’Islam,
son expansion de l’Iran à l’Andalousie et son apport culturel, comme avec Averroès
ou Avicenne. C’est le Calife Al-Qadir, (connu pour sa lecture
rigoureuse) qui interdit définitivement l’école Mutazilite. Exégèse, jugements libres et indépendants sont
désormais interdits. Ce phénomène est traditionnellement qualifié de la fermeture
de « la porte de l’Ijtihad ». Désormais
les religieux vont prendre le pas sur les savants. La résistance à tout changement
s’organise et l’Islam va se fermer à la modernité. Actuellement un grand nombre
de peuples arabes ignorent la liberté, ils ne peuvent donc comprendre une organisation
économique fondée sur la liberté. C’est dans le domaine de l’éducation et de la
culture qu’il faut donc intervenir pour que les sociétés arabes ouvrent enfin
les yeux sur le monde contemporain. C’est ce à quoi les libéraux doivent s’employer ;
les mentalités peuvent changer. Le bouc émissaire de la finance Parmi les éléments de la société capitaliste,
c’est sans doute la finance qui a été l’objet des attaques les plus virulentes.
On reproche aux banquiers de gagner l’argent trop facilement, et les « traders »,
avec leurs bonus, supporteraient toute la responsabilité de la crise. Henri Lepage
(Turgot) remet les choses au point. Les traders font un métier utile, et permettent
d’affiner les comportements boursiers. Le poids de leurs erreurs est sans doute
considérable, raison de plus pour encourager ceux qui ont un talent avéré. Ils
sont peu nombreux, et la concurrence pour les embaucher est active. S’en prendre
à leurs revenus, c’est les chasser vers des places financières plus clémentes,
car ils peuvent se délocaliser à tout moment. Jean Pierre Centi
(Faculté d’Economie Appliquée, Aix), explique que le métier de banquier ne jouit
d’aucune liberté ni autonomie véritable. Il n’existe pas de « banque libre »,
parce qu’il n’y a pas de concurrence possible entre établissements. Deux raisons
à cela : d’une part la réglementation limite la marge de manœuvre des banquiers,
d’autre part les banques sont sous le joug des banques centrales, notamment en
ce qui concerne les taux d’intérêt. Dans la crise récente, les responsabilités
incombent non pas aux banquiers en général, mais à quelques banquiers en particulier.
L’intervention du Trésor américain et de la FED après la faillite de Lehman
Brothers a été un mauvais signal lancé aux financiers :
l’Etat endosse vos erreurs. Désormais l’idée de l’impunité de la finance va se
propager. Il ne faut pas oublier que les faillites bancaires
aux Etats-Unis ont été provoquées par les « subprimes »,
titres hypothécaires sans valeur mais garantis par l’Etat à travers deux de ses
institutions financières : Fanny Mae et Freddy
Mac. S’il y a eu une finance qui porte la responsabilité de la crise, c’est bien
la finance d’Etat, et pas la finance capitaliste. Il faut couper le cordon ombilical entre la
finance, la banque et l’Etat, il faut instaurer la concurrence entre banques responsables
et la concurrence entre monnaies privées. Le 3 Novembre 2009
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