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« Un
accord entre l’UMP et le PC chinois suscite la colère des députés UMP ».
Ainsi titrait notre confrère du Point (28 octobre), faisant état des protestations
de plusieurs membres de la majorité présidentielle : Lionel
Luca, député des Alpes Maritimes, qui va jusqu’à « se mettre en congé
de l’UMP », Dominique Tian (Bouches du Rhône), Yves Nicolin (Loire), Jacques
Remiller (Isère). Ils n’ont pas mâché leurs mots « Le Parti
Communiste Chinois est un parti totalitaire avec la responsabilité de millions
de victimes innocentes en Chine », dit Luca et Tian, en écho « le PCC
n’est pas un parti démocratique ». Mais
pourquoi toutes ces protestations ? C’est que Xavier Bertrand, secrétaire
général de l’UMP, s’est rendu à Pékin pour y signer avec son « homologue »
chinois un protocole, signé le 22 octobre, en vue de favoriser « une meilleure
compréhension » et « des échanges » entre les deux partis au pouvoir.
Apparemment, il n’avait aucun mandat pour faire cette démarche, et on ne peut
imaginer que le Président lui-même l’ait recommandée. Qu’allait-il faire dans
cette galère ? Passe
encore, comme le font remarquer quelques modérés, que la république Française
entretienne des relations diplomatiques avec la République Populaire de Chine,
et que des accords soient signés entre représentants officiels des deux Etats.
Après tout, on a reçu Kadhafi à l’Elysée, tout comme Bachar Al Assad ou Chavez,
tous dictateurs patentés. Mais se lier d’amitié entre partis frères semble un
peu fort de bouchon. Est-il
nécessaire de rappeler l’histoire de ce parti ? Il a été créé de toutes pièces
par les Soviétiques avec le docteur Sun Yat Sen, qui avait étudié le marxisme
à Paris, il sera rattaché à l’URSS jusqu’à la grande fâcherie de 1977. Mais jamais
les dirigeants du parti n’ont cessé de se réclamer du marxisme léninisme. La « révolution
culturelle » s’est accompagnée de massacres de dizaines de milliers de paysans.
Les purges et luttes intestines pour la conquête interne du pouvoir se sont succédées,
avec tout l’attirail des régimes policiers, les exécutions sommaires, les prisons
« spéciales », les otages. C’est, disaient-ils, qu’à l’intérieur du
parti il y a une lutte des classes, de véritables bourgeois. La « bande des
Quatre » appartenait à cette « bourgeoisie ». Faut-il évoquer la
place Tien An Mien, la mort de centaines de manifestants ou leur arrestation (certains
d’entre eux ne sont toujours pas jugés 20 ans après) ? Ou l’invasion du Tibet,
avec les provocations et les mises en scène pour accréditer la thèse du complot ?
Ou le sort du Dalaï Lama ? Chaque année les Chinois exécutent 6 .000
personnes, soit 80 % des exécutions du monde entier. Enfin faut-il passer sous
silence l’inhumanité d’un régime qui limite le nombre d’enfants d’une famille ? Pour
aller copiner avec le Parti Communiste Chinois, il faut avoir un certain mépris
pour l’être humain, et ses droits, il faut se moquer de la démocratie. Voici que
les Français feraient maintenant de la « Real Politik », et seraient
prêts à tout oublier pour s’attirer les bonnes grâces des bourreaux ? Xavier
Bertrand fait penser incontestablement à ces « idiots utiles » qu’évoquait
Lénine. Non seulement il s’agit d’une démission face au totalitarisme, mais d’une
complaisance, d’une complicité. Staline, Mussolini, Hitler, ont bénéficié jadis
des mêmes égards que l’on a aujourd’hui pour les Chinois, pour Chavez, pour Kadhafi,
pour Poutine. Un
député de l’UMP a encouragé Xavier Bertrand à aller jusqu’au bout de sa logique :
il lui reste à visiter les partis frères de Cuba et de Corée du Nord. Quand
on s’interroge sur les raisons pour lesquelles la France ne représente rien aux
yeux d’une partie de la population française, la réponse est donnée par des comportements
de ce type. Comment respecter un pays dont les « élites » se prosternent
aux pieds de ceux qu’ils ont prétendu combattre naguère ? Nos dirigeants
donnent l’exemple de la démission, mais surtout de la trahison : quel crédit
leur accorder ? La
seule ligne de défense des partisans de la fraternisation est de remarquer que,
dans les deux cas, il s’agit de « partis-Etats ». C’est certainement
vrai pour le PCC. Mais si c’est aussi le cas pour l’UMP, on seriat bien tombé
au plus bas de la démocratie en France. Si le parti du président est devenu la
France à lui tout seul, c’est que le pouvoir de choix des électeurs n’existe plus,
c’est soumettre les citoyens à un appareil partisan aussi puissant que celui du
frère chinois. Après
les récentes affaires, qui ont été autant de dénis de démocratie et de marques
d’autocratie, il est urgent que la majorité et ses leaders se ressaisissent. Le
temps où les électeurs suivaient docilement les consignes de vote est révolu.
Il ne faut jouer avec cette frange de la population qui s’est battue et veut se
battre encore pour la liberté. Le 3 Novembre 2009
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