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Sans rappeler le brillant discours de New York, celui de Poligny n’en a pas moins été salué comme un évènement politique majeur, pour la France, pour l’Europe, et sans doute pour la planète entière. Le travail de refondation entamé par notre Président n’aurait pas été achevé si, comme dans la Genèse, le Tout Puissant n’avait pas porté son attention sur les bestiaux, bestioles et bêtes de toutes sortes. Il était pourtant simple de prendre ici les mesures qui s’imposaient : - un milliard de crédits ouverts à taux bonifiés par les banques aux agriculteurs en difficulté pour leur permettre de refaire leur trésorerie, de se restructurer ou se consolider -
650 millions d’aides de l’Etat sous forme de 200 millions
d’euros de prise en charge d’intérêts d’emprunts pour 2009-2010, 220 millions
d’allègements de charges sociales et d’impôts (TIPP), 120 millions représentant
le remboursement à 75 % de la taxe carbone Mais fi de ces comptes d’apothicaires, l’important est bien de changer totalement le visage de l’agriculture et la face des paysans. « Je veux refonder la politique agricole comme nous sommes en train de refonder le capitalisme financier ». Et d’annoncer les orientations essentielles : - la régulation des prix agricoles : c’est nouveau, on revient donc aux premières formes de la politique agricole commune dont on sait qu’elle a ruiné et le consommateur et le paysan ; inutile de dire qu’il y faut aussi l’accord de nos partenaires européens, le Président semble avoir le sentiment que ceux-ci le suivent dans toutes ses innovations ; -
la transformation des paysans en entrepreneurs ;
nous avons toujours pensé qu’une « exploitation agricole » était une
entreprise, ayant des marchés, des clients, des coûts, des concurrents, recherchant
des profits, etc. Mais le président souhaite aussi «une
définition rénovée du métier d’agriculteur en tant qu’entrepreneur responsable
». Manquait en effet la définition. Au passage le président plaide pour un renforcement
des regroupements interprofessionels pour défendre les intérêts communs des agriculteurs.
Il doit s’agir d’une ode au syndicalisme agricole, dont les méthodes ne sont pas
en effet assez efficaces, puisqu’elles se limitent aux barrages sur les routes,
aux déversements de lait sur les chaussées, aux incendies de préfectures, à l’envahissement
de Bruxelles, sans parler des fauchages volontaires et des démontages de Mac Do. Une
fois de plus, « la distribution » est tenue pour responsable de la précarité
paysanne. Dans la foulée du discours de Poligny, et pour montrer que le gouvernement
joint le geste à la parole, Hervé Novelli, dans un accès de fièvre libérale, assigne
en justice sept grandes enseignes du commerce français, coupables de ruiner leurs
fournisseurs et de pénaliser les consommateurs. En toute naïveté, nous pensions
que la France était un pays où la liberté de choix était reconnue, et constituait
la principale arme de défense des consommateurs contre les abus des producteurs. A quand la refonte des grands magasins ?
Surveillons les prix des jouets de Noël ! Le 3 Novembre 2009
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