![]() | |||||||||||||||
|
LA FACTURE DE GRENELLE Nous n’avons cessé de dénoncer ici les folies
du Grenelle de l’environnement, où l’on a cédé à presque toutes les demandes des
khmers verts et surtout de Nicolas Hulot, nouveau maître à penser de Une nouvelle étape essentielle a été franchie
cette semaine, avec le chiffrage du projet : le coût est estimé à 440 milliards
d’euros ! Notons d’ailleurs que Le Figaro-Economie emploie l’expression « investissement »,
alors que Les Echos parlent de « coût », ce qui est un terme beaucoup
plus exact. C’est en tous cas un chiffre officiel, bien sûr estimé sur plusieurs
années, une dizaine, le temps de mettre en œuvre toutes les mesures entre 2009
et 2020. A titre de comparaison, rappelons que le budget de l’Etat s’élèvera en
dépenses en 2009 à 350 milliards (y compris les prélèvements pour les collectivités
locales et l’UE). 440 milliards, même en dix ans, ce n’est donc pas rien ! Un des postes les plus coûteux porte sur
la rénovation thermique dans les bâtiments anciens, les logements sociaux et les
bâtiments publics (192 milliards, plus 13 milliards pour l’amélioration de l’habitat
neuf). Il s’agit en particulier de réduire de 38% les consommations d’énergie
du parc de logements. Pour sa part le développement des énergies renouvelables,
coûte115 milliards. A-t-on besoin de 115 milliards d’euros, pour ce développement,
alors que la hausse des prix des énergies non renouvelables qui s’épuisent, comme
le pétrole, devrait spontanément y conduire, et aux moindres coûts ? Le marché
et les entrepreneurs sont assez grands pour saisir les opportunités de profit
futur qui se présentent. On notera aussi 97 milliards pour le développement
des infrastructures de transports, par exemple Bien entendu, tout ne devrait pas être payé
par l’Etat seul, donc par le contribuable national, nous dit-on. Certes, mais
qui d’autre paiera ? Les collectivités locales, donc à nouveau les contribuables,
et finalement les ménages eux-mêmes, qu’on obligera à s’endetter pour réaliser
les travaux des économies d’énergie dans les logements. Il est quand même extraordinaire
qu’on se soit préoccupé de ces mesures (268 mesures tout de même) il y a un an
et qu’il ait fallu un an pour réaliser qu’elles avaient un coût. Certes, on nous
explique qu’elles auront aussi beaucoup d’avantages. Le premier, c’est de provoquer une « formidable
relance dont notre économie a tant besoin ». C’est en effet une recette infaillible
que d’accroître les dépenses publiques, de faire des grands travaux pour relancer
l’économie. C’est ce que proposait déjà Keynes dans les années trente et c’est
ce que faisait au même moment Roosevelt avec le New deal et les grands travaux.
Or toutes ces politiques, et celles qui ont suivi, comme la relance Mitterrand
de 1981, se sont terminées en catastrophe, faisant exploser les déficits publics,
qui n’en ont pas besoin, surtout aujourd’hui, provoquant de l’inflation et créant
un chômage massif. Le rapport a beau annoncer 535 000 emplois « créés ou
maintenus », formule très ambiguë, on n’en sait rien en réalité. Après les
centaines de milliards pour « sauver les banques », ajouter 440 milliards
pour « sauver l’environnement », cela fait beaucoup pour « un Etat
en faillite », comme aime à le dire François Fillon. Le 26 novembre
2008
| |||||||||||||||