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A défaut de la flat tax, la France devra se contenter
de la fat tax, selon l’expression très judicieuse de
notre confrère Les Echos. Jacques GARELLO, dans son éditorial de la semaine dernière,
nous avait fait découvrir les subtilités du PLFSS (Projet de loi de finances de
la sécurité sociale), cette merveille technocratique qui sauvera, nul n’en doute,
la sécurité sociale. Les sénateurs lui ont donné raison, en inventant pour sauver
la sécu et la santé des Français… un nouvel impôt. C’est, comme nous l’avions
déjà souligné, à l’image du médecin de MOLIERE qui répétait « le poumon »
à tout bout de champ ; nos hommes politiques, eux, ont l’arme absolue, pour
guérir toutes nos maladies : l’impôt. On l’avait déjà vu à propos du Grenelle
de l’environnement. On le revoit à propos de l’assurance maladie. Ce qui tracasse nos bons sénateurs, c’est l’obésité,
problème effectivement grave de santé. Mais au lieu de chercher à responsabiliser
les gens, à informer les familles, à faire appel à leur autorité et à leur sens
des responsabilités vis-à-vis de leurs enfants, l’Etat infantilise les Français,
les prend par la main et leur impose sa solution. D’un problème personnel et familial
de santé, on fait un problème politique. A problème politique, solution politique, donc
fiscale. Les sénateurs ont donc ajouté aux nouveaux impôts (tels que les contributions
patronales et salariales sur les stock-options) une taxe nutritionnelle de 1%
sur les boissons sucrées (à l’exception des eaux minérales aromatisées et des
jus de fruits…). Gageons qu’immédiatement, les Français confrontés à cette taxe
vont cesser de consommer ces boissons, mauvaises pour notre santé. Cette fat tax
a été adoptée grâce à l’appui des sénateurs de gauche, mais, étant donné l’ampleur
de la majorité de droite au Sénat, il a bien fallu que de nombreux sénateurs de
la majorité votent avec la gauche, même si le gouvernement était contre cet amendement.
Mais l’argument du gouvernement n’a pas été très convaincant. Tout en reconnaissant
que le texte « manquait crûment de précision » le ministre du budget
Eric WOERTH a déclaré : « Elle (la fat tax) ne peut être envisagée que
dans le cadre d’un plan structuré de lutte contre l’obésité ». Bref, la fat tax ne suffit pas, il faut en outre un plan… Quelques esprits mal pensants ont fait remarquer
que de toutes façons, le texte étant si mal rédigé, la taxe ne pouvait être appliquée.
Incapable de dégraisser les mammouths, nos dirigeants taxent la graisse des obèses.
Le 21 novembre 2007
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