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Disposant dans la Nouvelle lettre
et sur le site www.libres.org d’une
totale liberté de parole, nous en profitons pour critiquer, au vrai
sens du mot, tous les hommes politiques, quels qu’ils soient. Nous avons
déjà dit tout le mal que nous pensions du projet socialiste et de ses
folies dépensières, nous avons souligné ce qui, chez SARKOZY, nous semblait
positif en matière d’éducation, comme nous avons critiqué il y a quinze
jours les idées dangereuses et saugrenues qu’il avançait sur les droits
sociaux opposables. Cette semaine, c’est François BAYROU qui a retenu notre attention,
en organisant un colloque de l’UDF sur les questions d’environnement
et en particulier de développement durable. Certes, c’est un thème qu’il
partage avec Jacques CHIRAC comme avec les socialistes - ne parlons
pas du reste de la gauche -, mais une erreur partagée ne fait pas la
vérité. Tous oublient que ce concept douteux est né dans les milieux
altermondialistes, à l’occasion de la conférence de Rio et du rapport
BRUNDLANDT : c’est le nouveau refuge de tous les courants néo-marxistes
et c’est la nouvelle porte d’entrée des attaques contre l’économie de
marché. Trois propositions de BAYROU nous
ont intéressés. La première est reprise de Nicolas HULOT : BAYROU
s’engage à créer un poste de vice-premier ministre –rien que cela- chargé
des questions de développement durable. « Il est juste que dans
une équipe gouvernementale, il y ait une autorité chargée du long terme ».
Comme si un homme politique pouvait regarder au delà de la prochaine
échéance électorale, et comme s’il était capable d’anticiper. C’est
installer la subversion au cœur du gouvernement et déclarer d’entrée
la guerre à l’économie de marché, puisque le développement durable implique
de remplacer le marché par la politique. Deuxième proposition « l’augmentation
rapide des prix de l’énergie, afin de stopper les émissions de gaz carbonique
dans les meilleurs délais ». C’est un thème que nous abordons à
propos du pétrole dans notre article de conjoncture : rien n’est
pire que les « faux prix » fixés par l’Etat (ou par des cartels
comme l’OPEP) ; seuls les prix de marché révèlent les raretés présentes
et futures. Tout prix étatique implique une mauvaise décision. Si le
prix de l’énergie doit augmenter, c’est le marché qui nous le dira,
pas un homme politique. Enfin, troisième idée « Nous
devons planifier à long terme -15 ans peut-être- par le biais d’une
fiscalité carbone, une régulation des prix des énergies fossiles ».
Passons sur le terme planifier, qui a une connotation très « goulag »
et soviétique. Mais retenons l’idée d’une fiscalité carbone : les
discours sur l’écologie et le développement durable ont toujours une
happy end : impôts et réglementation. Finalement, M. BAYROU lance
un appel à l’unité (autour de lui bien sûr) ; il propose un « pacte
national sur l’environnement et le développement durable ». Manifestement M. BAYROU, et les hommes politiques en général ne connaissent ni l’écologie de marché ni les droits de propriété. Ils préfèrent la planification, les impôts et les prix administrés. En matière d’écologie, tout au moins, la campagne est bien partie.
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