LIBERALISME : «  LE PAYS QUI NE VOULAIT PAS CHANGER »


C’est un dossier intéressant que notre confrère Enjeux Les Echos consacre au libéralisme (« Pourquoi il fait peur ; est-ce la solution de nos problèmes ? ») : pas moins de 25 pages sans compter la couverture et l’éditorial. Avec des articles sur « l’antilibéralisme, une maladie française », « le libéralisme à l’épreuve des faits » (chômage, fiscalité, privatisation,…) et « l’économie, otage du débat idéologique ». Regrettons seulement que dans l’encart sur «  la percée des libéraux en France dans les cercles », les auteurs, qui citent de nombreux mouvements forts sympathiques, semblent ignorer l’Aleps, La Nouvelle Lettre ou le site Libres.org. Nous sommes à leur disposition pour les éclairer sur nos activités, qui ont fortement contribué à « la percée des libéraux en France », l’Aleps étant le plus ancien des think tank libéraux français, et les instituts et personnes cités provenant directement ou indirectement de l’action menée par Jacques GARELLO et les Nouveaux Economistes depuis trente cinq ans…

Mais ne boudons pas notre plaisir : l’ampleur du dossier montre que le journal a conscience de l’importance de ce débat sur le libéralisme. Présentons seulement à nos lecteurs l’éditorial de François LENGLET sur « le pays qui ne voulait pas changer ». Il donne le ton de l’ensemble. « Voici un mot qui, chez nous les Français, réveille toutes les plaintes. Le libéralisme économique, ou comment l’homme est un loup pour l’homme aux temps de la mondialisation. Travail des enfants, chômage, bulle financière, changement de climat, grippe du poulet, pétrolier qui s’éventre dans l’océan, tous ces fléaux n’auraient qu’une seule origine, le libéralisme et ses suppôts sanguinaires ».

« L’hystérie est devenue telle en France que tout événement, fût-il majeur comme le référendum sur la constitution européenne, ou anecdotique, comme la privatisation de cette malheureuse SNCM, suscite désormais la croisade antilibérale. On y voit la gauche et la droite un instant réconciliées pour planter des hallebardes sur l’anglo-saxon. Inutile de préciser qu’en tête se trouve le professionnel des causes sans risques, Jacques CHIRAC ».

« Car il s’agit bien d’un complot planétaire, cher lecteur, qui s’en prend à notre précieux modèle social et ses millions de chômeurs. Qui nie notre sens aigu de la gestion et ses milliards de déficits. Mais nous nous défendrons. Plutôt morts que libéraux. Plutôt morts que de s’incliner devant l’exemple de pays qui sont parvenus à traiter les maux dont nous souffrons, sans autres atouts que les nôtres… Une compagnie de transport maritime est-elle en faillite, révélant une nouvelle fois l’incurie et la faiblesse de l’actionnaire public, dès lors qu’il opère dans un univers de concurrence ? De la privatiser intégralement, il serait barbare. Maintenons l’Etat à son capital, fût-il minoritaire, pour garantir l’avenir de l’entreprise et travestir les prébendes syndicales sous les couleurs flatteuses de l’intérêt général ».

« Les dépenses de l’Etat sont difficiles à comprimer. Créons de nouveaux postes de fonctionnaires, voilà notre potion. Les déficits se creusent ? De nouveaux fonctionnaires, vous dis-je (…). Il est vrai que rien ne presse. La dette ne progresse que de 70 milliards d’euros par an. Poussières infinitésimales, qui n’entameront pas l’éclat de la France éternelle. Et pas davantage les chances de gagner la présidentielle 2007. Car la facture n’arrivera que bien plus tard. Pourquoi diable serions-nous libéraux ? ».

«  Cet appétit pour les remèdes moliéresques fait de terribles ravages sur le marché du travail. Prenons par exemple le sentiment de précarité (…). Pour expliquer cette crainte, la cause est entendue. C’est la faute du libéralisme, des entreprises qui licencient et de l’avidité des actionnaires (...). Et si c’était l’excès de protection qui créait la précarité, parce qu’il dissuade les créations d’emplois ? Aurait-on peur de perdre son travail si l’on était assuré d’en retrouver un aussitôt ? Le rapport de force ne serait-il pas plus favorable au salarié ? La protection de l’emploi n’est-elle pas, au bout du compte, une menace pour l’emploi ? »

« Questions taboues. Questions de mauvais esprit. Questions libérales. Questions que nous n’entendrons jamais dans la bouche de ceux, nombreux, qui font commerce de la peur des Français pour se maintenir au pouvoir ou pour le conquérir ». Nous n’aurions pas dit mieux.



 

 

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