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Sur 3,6 millions
de clients concernés, 19 000 en ont déjà profité, selon la Commission
de régulation de l’énergie. D’un côté 12 300 entreprises ont changé
de fournisseur et se sont adressées à un concurrent. Cela peut sembler
peu important, mais, en réalité, cela représente 11% de l’ensemble du
marché, ce qui n’est pas rien en 3 ou 4 mois. Et le développement des
concurrents d’EDF est très rapide, en dépit de l’intense campagne de
communication de l’ancien monopole et des moyens qu’il a mis en œuvre. Mais il y a
plus. De nombreuses entreprises ont profité de cette opportunité pour
s’adresser à EDF et demander la négociation d’un nouveau contrat plus
intéressant, faute de quoi elles iraient voir un concurrent. C’est le
cas de 6 700 entreprises, qui représentent une part énorme du marché :
37%. Cela veut dire que déjà la moitié du marché (37% + 11%) a bénéficié
des effets positifs de la concurrence, soit sous forme de meilleurs
tarifs chez EDF, soit en allant s’adresser à un concurrent. Et dans
ces négociations -contrairement aux tarifs concernant les particuliers-
l’Etat n’a rien à dire sur les prix pratiqués
par EDF et les rabais accordés : c’est le mécanisme de la concurrence
et non l’Etat qui détermine désormais ici
les prix. Or le même phénomène
concerne le gaz. Certes, le mouvement semble plus lent d’une part parce
que GDF a fait une scandaleuse campagne de désinformation pendant des
mois, et d’autre part parce que géographiquement il y a encore des régions
où seul le monopole de GDF existe. Mais la situation devrait évoluer
très vite, tant la dynamique de la liberté est forte. Il n’y a certes
que 112 clients sur 530 000 qui se sont adressés aux concurrents
de GDF. Mais ce sont les plus gros clients et ils représentent déjà
à eux seuls 15% du marché. Pendant ce temps, des clients représentant
18% des achats de gaz ont aussi bénéficié des bienfaits de la concurrence
en négociant de nouveaux contrats plus avantageux avec GDF, qu’ils n’ont
pu obtenir que grâce à la présence de concurrents. Dans le nord-est
de la France, où l’on trouve des gazoducs étrangers, GDF a perdu le
tiers du marché. Ailleurs, les concurrents ne sont pas encore là, mais
la Commission de régulation de l’énergie va lever ces blocages, par
exemple parce que l’on a mis fin aux participations croisées entre les
filiales de GDF et Total, pour que ces entreprises s’affrontent enfin
dans le centre et le sud-ouest, mettant fin au monopole. Il en va de
même dans le sud-est. La situation devrait donc évoluer très vite, ici
aussi. Or il faut réaliser
que cette évolution, en quelques mois seulement, se produit en dépit
des résistances des anciens monopoles et de leurs moyens disproportionnés,
notamment en matière de communication. Elle se produit aussi en dépit
des résistances gouvernementales, comme nous l’avons vu à propos des
tarifs EDF et GDF destinés aux ménages. Il reste précisément à espérer que les ménages bénéficient à leur tour de la concurrence offerte aux entreprises. Pour l’instant, on est loin du compte, et les prix du gaz et de l’électricité continuent à être tarifés par les pouvoirs publics, et ils sont à la hausse. La résistance des syndicats n’y est pas pour rien. EDF et GDF alimentent la cagnotte de la CGT. Celle-ci ne veut pas d’ouverture. Mais on sera bien obligé d’en venir bientôt à l’épreuve de vérité. Pour garder leurs clients, EDF et GDF devront être compétitifs, et donc « casser le service public ».
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