ELECTRICITE : PREMIERS EFFETS DE LA CONCURRENCE




Si le gouvernement semble ignorer que le marché de l’électricité a été ouvert à la concurrence (voir notre article d’il y a quinze jours : « Tarifs EDF : RAFFARIN veille au grain »), les clients eux le savent et les premiers effets de cette ouverture se font sentir. Depuis le 1er juillet de cette année toutes les entreprises peuvent librement choisir leur fournisseur d’électricité (ou de gaz). En quelques mois à peine, elles ont commencé à profiter de cette concurrence.

 

Sur 3,6 millions de clients concernés, 19 000 en ont déjà profité, selon la Commission de régulation de l’énergie. D’un côté 12 300 entreprises ont changé de fournisseur et se sont adressées à un concurrent. Cela peut sembler peu important, mais, en réalité, cela représente 11% de l’ensemble du marché, ce qui n’est pas rien en 3 ou 4 mois. Et le développement des concurrents d’EDF est très rapide, en dépit de l’intense campagne de communication de l’ancien monopole et des moyens qu’il a mis en œuvre.

 

Mais il y a plus. De nombreuses entreprises ont profité de cette opportunité pour s’adresser à EDF et demander la négociation d’un nouveau contrat plus intéressant, faute de quoi elles iraient voir un concurrent. C’est le cas de 6 700 entreprises, qui représentent une part énorme du marché : 37%. Cela veut dire que déjà la moitié du marché (37% + 11%) a bénéficié des effets positifs de la concurrence, soit sous forme de meilleurs tarifs chez EDF, soit en allant s’adresser à un concurrent. Et dans ces négociations -contrairement aux tarifs concernant les particuliers- l’Etat n’a rien à dire sur les prix pratiqués par EDF et les rabais accordés : c’est le mécanisme de la concurrence et non l’Etat qui détermine désormais ici les prix.

 

Or le même phénomène concerne le gaz. Certes, le mouvement semble plus lent d’une part parce que GDF a fait une scandaleuse campagne de désinformation pendant des mois, et d’autre part parce que géographiquement il y a encore des régions où seul le monopole de GDF existe. Mais la situation devrait évoluer très vite, tant la dynamique de la liberté est forte.

 

Il n’y a certes que 112 clients sur 530 000 qui se sont adressés aux concurrents de GDF. Mais ce sont les plus gros clients et ils représentent déjà à eux seuls 15% du marché. Pendant ce temps, des clients représentant 18% des achats de gaz ont aussi bénéficié des bienfaits de la concurrence en négociant de nouveaux contrats plus avantageux avec GDF, qu’ils n’ont pu obtenir que grâce à la présence de concurrents.

 

Dans le nord-est de la France, où l’on trouve des gazoducs étrangers, GDF a perdu le tiers du marché. Ailleurs, les concurrents ne sont pas encore là, mais la Commission de régulation de l’énergie va lever ces blocages, par exemple parce que l’on a mis fin aux participations croisées entre les filiales de GDF et Total, pour que ces entreprises s’affrontent enfin dans le centre et le sud-ouest, mettant fin au monopole. Il en va de même dans le sud-est. La situation devrait donc évoluer très vite, ici aussi.

 

Or il faut réaliser que cette évolution, en quelques mois seulement, se produit en dépit des résistances des anciens monopoles et de leurs moyens disproportionnés, notamment en matière de communication. Elle se produit aussi en dépit des résistances gouvernementales, comme nous l’avons vu à propos des tarifs EDF et GDF destinés aux ménages.

 

Il reste précisément à espérer que les ménages bénéficient à leur tour de la concurrence offerte aux entreprises. Pour l’instant, on est loin du compte, et les prix du gaz et de l’électricité continuent à être tarifés par les pouvoirs publics, et ils sont à la hausse. La résistance des syndicats n’y est pas pour rien. EDF et GDF alimentent la cagnotte de la CGT. Celle-ci ne veut pas d’ouverture. Mais on sera bien obligé d’en venir bientôt à l’épreuve de vérité. Pour garder leurs clients, EDF et GDF devront être compétitifs, et donc « casser le service public ».



 

 

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