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Après un durcissement intérieur marqué par une
reprise en mains du pays par les anciens du KGB (NL770), voici maintenant
le durcissement extérieur : Poutine veut reconstituer l’URSS ! Les relations avec l’Ukraine se sont tendues, en raison de soudaines revendications territoriales russes visant le détroit de Kertch. C’est au point que le commissaire européen aux relations extérieures, Chris PATTEN, de passage en Ukraine, s’est inquiété des « ambitions » de Moscou. Il est vrai que l’Ukraine envisage d’adhérer à l’OTAN, ce qui déplaît à Moscou. Mais c’est aussi du coté de la Géorgie que l’on s’inquiète. On sait que les dernières élections ont laissé une situation assez confuse, le parti du Président Edouard CHEVARDNADZE, avec des résultats médiocres aux élections, étant menacé par son opposition, celle-ci voulant que l’actuel Président quitte le pouvoir avant la fin de son mandat. Cela regarde-t-il Moscou ? Le Président du comité des relations internationales du conseil de la fédération de Russie, Mikhaïl MARGELOV, a parlé à la place de POUTINE : « Naturellement, la Russie ne peut pas et ne restera pas à l’écart de ce qui est en train de se passer en Géorgie. Nous n’abandonnerons pas nos frères de Géorgie dans la tourmente ». Les Russes s’inquiètent officiellement de l’attitude des instructeurs américains en Géorgie. « Parviendront-ils à rester à l’écart ? C’est la question. J’espère que ce sera le cas et qu’il n’y aura pas de provocation. Une éventuelle implication de militaires américains en vue de régler politiquement la situation d’une ancienne république soviétique est la moins désirable des options ». Comme si le problème était celui d’une menace américaine ! En réalité, Moscou est dans l’impatience. La Russie entretient déjà une agitation dans le nord du pays. Des régions sécessionnistes sont en fait contrôlées par Moscou. De plus des troupes russes continuent, en dépit de l’indépendance du pays, à rester à Tbilissi : les Russes ont dans le pays deux bases permanentes. et il reste même un bâtiment encore occupé par les forces russes au sein du ministère de la défense géorgien ! Bien entendu, il y a, au-delà de la volonté hégémonique russe, une forte odeur de pétrole dans cette région. Un projet de pipeline Bakou-Tbilissi-Ceyhan permettrait de livrer du pétrole en Turquie, hors de la zone d’influence russe. Moscou n’apprécie guère et veut, comme le montre une excellente analyse du Figaro, « verrouiller la route du pétrole ». Et, au-delà, « l’heure est à la reconstitution de l’empire, et au retour des ambitions et au contrôle des pipelines, gages d’une future politique de puissance ». Enfin, Moscou convoite de plus en plus la Moldavie, et propose de reconstituer une « Fédéralisation » avec la Moldavie Roumaine (et sa capitale Yasi) sous le contrôle des dirigeants moldaves actuels aux ordres de Moscou (ce sont des Russes, et l’armée russe est là aussi omniprésente). Le retour du KGB annonce ainsi le retour de l’empire soviétique. Les voisins de la Russie sont très inquiets. Les Occidentaux le semblent moins : CHIRAC et BERLUSCONI ne tarissent pas d’éloges sur POUTINE. Le Président du Conseil Européen a en particulier accusé la presse de « colporter des légendes » au sujet de la Tchétchénie. La vérité est moins riante : l’ours russe ne dort que d’un oeil.
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