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C’est ce que nous avons dit le 1er septembre lors de l’Université d’Eté consacrée à la concurrence, en défendant la thèse de la concurrence fiscale. Mais c’est aussi le titre d’un article paru dans le Journal Les Echos, sous la double signature de Tony BLAIR, Premier ministre de Grande-Bretagne et de Juhan PARTS, Premier ministre de l’Estonie. Et ce n’est pas sans intérêt de voir que des hommes politiques, dont l’un au moins est réputé social-démocrate, peuvent rejoindre les thèses libérales.
« Dans l’Europe entière, les pouvoirs publics savent qu’ils doivent réformer l’économie. L’extraordinaire transformation des anciens pays communistes est une leçon pour tous (…). L’Estonie et la Grande-Bretagne (...) sont convaincues que la priorité absolue de l’Europe est d’améliorer sa compétitivité. C’est tout l’enjeu de l’agenda de Lisbonne : l’Union a l’ambition de devenir l’économie du savoir la plus compétitive et la plus dynamique du monde ».
Il faut, disent les deux premiers ministres, relever les défis de l’Amérique et de l’Asie : « Pour le relever, toute l’Union devra s’y mettre, notamment en réformant son marché du travail. Trop souvent, les économies européennes assurent la sécurité de l’emploi des uns aux dépens des autres. Il y a des décisions difficiles à prendre. Mais l’expérience de l’Estonie et de la Grande-Bretagne montre que les avantages à long terme de ces remises en cause sont grands ».
« A l’heure où nous voulons que les économies aient plus de souplesse et de réactivité, harmoniser les systèmes fiscaux et sociaux serait un grand pas en arrière. Obliger tout le monde à payer le même impôt viendrait vite à bout de la compétitivité de l’Europe entière, tuerait des emplois et étranglerait la croissance ». « Il vaut mieux laisser chaque pays fixer lui-même ses règles en la matière ; lui laisser la liberté d’innover et de trouver des solutions audacieuses, qui sortent de l’ordinaire. (...) En ces temps de mondialisation, la prospérité de l’Europe en dépend ».
« Par principe aussi, il est juste que la fiscalité relève de la souveraineté nationale. Les élections se font et se défont autour de l’impôt et de la dépense publique. Si cette décision est centralisée, la vie politique de chaque Etat membre perdra une grande partie de son sens et la fiscalité ne traduira plus la volonté des électeurs. Les nouveaux Etats membres ne se sont pas défaits du joug soviétique pour en arriver là ». « Il n’y a donc rien d’étonnant à ce que plusieurs Etats ne veuillent pas étendre le vote à la majorité qualifiée au domaine de l’impôt. L’Estonie et la Grande-Bretagne sont de ceux là et continueront à défendre cette position à la conférence intergouvernementale. C’est un plus pour la compétitivité, pour la subsidiarité et pour la démocratie ».
Qu’en pensent
les hommes politiques français, de gauche et de droite ? Sont-ils
prêts eux aussi à affirmer qu’harmoniser les systèmes fiscaux et sociaux
serait un grand pas en arrière ? Sont-ils prêts à écouter sinon les
arguments des économistes, du moins ceux de leurs homologues politiques ?
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