CHANGER L’ECOLE « COMME EN 68 »



Le débat sur l’école avance à grand pas et tout est désormais en place. C’est le 17 novembre que doivent commencer les premières consultations des Français dans les établissements scolaires « sous l’autorité des préfets ou des maires ». Il est prévu 15 000 rencontres « sur le terrain ». Gageons que les mouvements les plus activistes, ceux qui savent si bien occuper le terrain en criant le plus fort, sauront faire tourner ces rencontres à leur avantage.

Mais tout dépend aussi de la façon dont les questions seront posées et Claude THELOT, président de la commission du débat national, a présenté la version définitive des 22 questions prospectives élaborées par les membres de la commission. Chacune sera présentée sous forme de fiches explicatives avec tout un ensemble de sous-questions. Il serait fastidieux de reprendre ces 22 questions, mais une lecture attentive montre que les questions principales que se posent les libéraux ne sont pas évoquées : rien sur la concurrence, rien sur le secteur privé de l’éducation, rien de sérieux sur la responsabilité parentale. Il est tout au plus question de savoir s’il « faut donner davantage d’autonomie aux établissements », ce qui ne va pas très loin.

En revanche on trouve des questions très conventionnelles telles que les « valeurs de l’école républicaine », « les missions de l’école à l’heure de l’Europe et pour les décennies à venir »(sic), sur l’égalité, le socle commun des connaissances, les modalités d’évaluation des élèves, comment lutter contre la violence, etc. Quant au rôle des parents, il est évoqué avec des pincettes : « Comment les parents et les partenaires extérieurs de l’école peuvent-ils favoriser les réussites scolaires des élèves ? ». On évoque aussi les rôles respectifs de l’Etat et des collectivités territoriales, ce qui reste dans le seul domaine des institutions publiques. Bref, tout cela sent bon le service public unifié et laïque de l’Education Nationale (SPULEN).

En même temps, ce qui nous a inquiétés, ce sont les déclarations de Xavier DARCOS, ministre délégué à l’enseignement scolaire, accompagnant cette présentation. Il n’hésite pas à affirmer que le débat qui s‘ouvre sera un événement d’une ampleur aussi grande que mai 68.

«  68 est le dernier événement qui s’est produit dans l’Education Nationale ; ce fut un point de départ important, une rupture par rapport à ce qui se faisait avant. Nous voudrions que le grand débat qui s’ouvre suscite la même agitation intellectuelle pour provoquer un bond démocratique comparable à celui de 68 »  (sic).  « Ce ne sera pas une énième consultation. Il faut faire parler tout le monde, le Medef comme la CGT ». Et même les non-syndiqués ?

« Il faut démocratiser l’école. C’est toujours une idée neuve. Les verrous n’ont pas sauté et la reproduction sociale par le biais de l’école fonctionne à plein. Il faut en sortir ». C’est beau comme du LAGUILLER ou du BESANCENOT. Voilà un débat qui est bien parti, sur des bases claires. Cela nous promet, après ce nouveau mai 68, une grande réforme de l’éducation. Bien jacobine. Bien uniforme. Une rupture comme en 68 ? oui : rupture avec le travail, avec l’excellence, avec la culture et avec le savoir-vivre.

 

 

 

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