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La
dérive étatique était très forte au Canada, avec 6% de déficit budgétaire
et une dette publique de 68% du PIB. Le gouvernement s’est attaqué à la
fois aux dépenses et aux impôts. Ces derniers ont été fortement réduits
et, par exemple, le taux d’impôt des sociétés (y compris les équivalents
d’impôt sur le capital) est passé de 46,6% en 2000 à 41,6% en 2002 et
il atteindra 35,7% en 2005. Quant au taux marginal le plus élevé sur les
gains en capital des particuliers, il est de 22,7% contre 25% aux USA.
Mais
c’est du côté des dépenses que la révolution a été la plus forte. Chaque
ministère - et de même chaque province - devait
réduire massivement ses dépenses, sans exception. Pour cela, il fallait
répondre au questionnaire suivant et écarter tout financement appelant
une réponse négative : -
Est-ce que le programme ou l’activité continue de servir l’intérêt public ? -
Y a-t-il un rôle légitime et nécessaire pour le gouvernement dans le secteur
du programme ou de l’activité ? -
Le rôle actuel du gouvernement fédéral est-il approprié ou faut-il songer
à le transférer aux provinces ? -
Quels programmes devrait-on ou pourrait-on transférer, tout ou partie,
au secteur privé ou « bénévole » ? -
Si le programme ou l’activité est maintenu, comment en accroître l’efficacité ? -
Peut-on se permettre de financer l’ensemble des programmes maintenus,
étant donné les restrictions financières et, si la réponse est négative,
quels programmes conviendrait-il d’abandonner ? Résultat
du questionnaire : tous les programmes ont été réduits, et parfois
même de 85% comme pour le ministère des transports. Les effectifs de la
fonction publique ont diminué, par exemple de 47 000 pour les fonctionnaires
fédéraux sur un total de 250 000. Il a suffi de proposer un petit pécule
de 16 000 euros pour permettre aux fonctionnaires licenciés de se retourner.
Il faut dire qu’au Canada quand un poste est supprimé, la personne qui
l’occupe perd son emploi. Pour
faire admettre tout cela, chacun a donné l’exemple et les fonctionnaires
comme les ministres ont diminué leurs salaires et leurs avantages acquis. Depuis,
le déficit budgétaire s’est transformé en excédent, en dépit ou plutôt
grâce aux baisses de taux d’imposition, et le poids de la dette n’est
plus que de 43,6% du PIB. Notre
secrétaire d’Etat à la réforme de l’Etat a pu voir les effets de cette
réforme. Qu’en a-t-il retenu ? Va-t-il informer ses collègues du
gouvernement ? Pourquoi ce qui est possible partout dans le monde,
même dans les gouvernements sociaux-démocrates, est-il impensable en France ?
Jusqu’à quand les Français vont-il supporter l’exception française ?
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