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| SALAIRE
: JUSTE SALAIRE ? SALAIRE COMPLET ? Toute peine mérite salaire Au sens large, le salaire est la contre-partie d’une prestation. Les honoraires sont le salaire d’un médecin, la recette est le salaire d’un commerçant. Est-ce le prix d’une peine ? Certains trouvent dans leur métier ou leur emploi donne matière à souffrance mais par contraste d’autres en retirent satisfaction, occasion d’enrichissement professionnel ou financier. Au
sens étroit, le salaire est le revenu garanti par un employeur par contrat de
travail. Le montant et les modalités de ce revenu, ainsi que la nature des prestations
du salarié, sont fixés d’un commun accord. Le noyau dur du contrat de travail
est le fruit de négociations collectives entre patronat et syndicats. Cependant,
la tendance actuelle est plutôt à reconnaître et récompenser les efforts individuels :
le mérite personnel devrait entrer en ligne de compte. A
la recherche du « juste salaire » Concernant le montant des salaires (qu’il s’agisse du nombre d’heures effectuées ou du taux horaire) il y a deux approches : sociale et économique. L’approche économique lie salaire et productivité du travailleur. Cette productivité dépend d’une part de la qualification et de l’ardeur au travail du salarié, et d’autre part de la valeur du produit, c'est-à-dire de ce que le client est prêt à payer pour se le procurer. Une entreprise bien gérée tire une valeur plus élevée de ses produits, mieux reçus par la clientèle, et augmente ainsi la productivité. L’approche sociale considère le pouvoir d’achat du salarié, et les besoins qu’il doit satisfaire pour lui et sa famille. Un salaire trop faible est réputé « injuste ». Mais ici il y a confusion : c’est le revenu et non le salaire qui est insuffisant, de sorte qu’on peut imaginer un revenu d’appoint venant de la redistribution fiscale : les impôts des uns permettent de hisser les revenus des autres à ce fameux plancher social. Mais quel plancher ? 500, 1.000, 2.000 ? Par personne, par famille, avec ou sans enfant, et combien d’enfants et de quel âge ? Si
on laisse de côté le revenu minimum pour revenir au salaire et lui donner un caractère
économique et contractuel, l’idée de « juste salaire » a-t-elle un sens,
et lequel ? ¨Par similitude avec le « juste prix », le juste salaire
est celui qui permet d’ajuster l’offre et la demande de travail. Il est juste
parce qu’il convient aux deux parties qui ont signé le contrat. Mais, dira-t-on,
les conditions de la signature sont-elles « justes » ? Certains
estiment que le salarié subit une pression irrésistible pour accepter un salaire
inférieur à sa productivité. C’est oublier la concurrence : d’une part pour
recruter les entreprises peuvent surenchérir (et offrir des garanties et des avantages
supplémentaires.), d’autre part les salariés ayant expérience et qualification
peuvent poser leurs conditions. Le jeu de la concurrence, il est vrai, est plus
ou moins intense suivant les secteurs, les qualifications et la conjoncture. Flexibilité
des salaires et emploi C’est
l’approche sociale qui a inspiré la législation sur le salaire minimum. Quand
ce niveau est très bas, il correspond au « plancher social » déjà évoqué.
Quand ce niveau est très élevé, assez proche du salaire moyen, le salaire minimum
cause des dégâts à l’économie, mais aussi à ceux qui le perçoivent. En effet,
il concerne surtout des travailleurs sans qualification. Du coup, le prix relatif
du travail qualifié s’abaisse : à salaire voisin, les employeurs préfèreront
embaucher un candidat plus qualifié, les gens sans qualification (souvent les
femmes) resteront plus longtemps au chômage et les jeunes ne pourront trouver
un premier emploi. D’autre part, les personnes sans qualification sont les premières
victimes d’une réduction d’effectifs. Les chiffres sont sans appel : le salaire
minimum, véritable prime à la non-qualification, est responsable du chômage, et
ceux que l’on entendait protéger sont en réalité pénalisés, et peut-être bientôt
exclus. Salaire
brut, net et complet L’estimation
du niveau de salaire est encore faussée par la pratique du prélèvement à la source
des cotisations sociales. La distinction entre « part patronale » et
« part salariale » est purement formelle : l’argent est toujours
soustrait sur la feuille de paye. Un salaire moins les cotisations patronales
s’appelle un salaire brut, et un salaire brut diminué des cotisations salariales
s’appelle un salaire net, c’est l’argent qui est disponible pour le salarié. Entre
ce salaire net et le salaire qu’on peut appeler « complet » l’écart
peut être du simple au double : sans les retenues « sociales »,
le salarié aurait touché deux fois plus, libre à lui ensuite de s’assurer pour
la maladie et les retraites. Seul le salaire complet donne une juste idée de la
valeur du travail effectué par le salarié, telle qu’elle a été acceptée par le
client – puisque c’est le client qui, en dernière analyse, paie le salaire. Le 28 Octobre 2009
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