XXXIème UNIVERSITE D’ETE DE LA NOUVELLE ECONOMIE

Mardi 25 août après-midi : séance de clôture de la journée


L’UNION EUROPEENNE : UNE NOUVELLE URSS ?

C’est le titre d’un ouvrage publié en 2005 (chez Robert Laffont) par ce célèbre dissident soviétique, Vladimir Boukovski. Ce poète et écrivain a passé douze ans dans les prisons et les hôpitaux psychiatriques d’URSS. Il a été échangé en 1976 contre un espion communiste chilien et s’est installé en Grande Bretagne (il enseigne à l’Université de Cambridge). Il a présenté sa candidature contre Poutine en 2008, mais la Cour Constitutionnelle de Russie l’a rejetée au prétexte qu’il ne vivait plus sur le territoire russe.
Vladimir Boukovski a participé à l’Université d’Eté et a prononcé une conférence à la fin de la journée du mardi 25 août. La veille, il avait reçu la médaille de la ville d’Aix en Provence des mains de Madame le maire Maryse Joissains-Masini.  


Ce qui rapproche l’Union Européenne aujourd’hui de l’URSS c’est d’abord le fondement idéologique des deux systèmes : la négation de la propriété privée. La vraie crise morale que traverse aujourd’hui l’Europe est celle de la remise en cause du droit de propriété, car sans propriété il n’y a ni responsabilité personnelle, ni liberté individuelle.

On peut s’étonner d’ailleurs du parallélisme entre les structures de l’URSS et celles de l’UE : le Conseil de l’UE avec ses 27 membres ressemble au praesidium avec ses 37 membres représentant des Républiques composant l’URSS. Le Parlement européen est un véritable camp de gitans, toujours en déplacement, et sans aucun pouvoir ni signification, comme la Douma. Chaque député européen dispose en moyenne de 6 minutes par an pour s’exprimer à sa tribune. Le jeu des lobbies est l’occasion de corruptions. La voix des Etats membres n’est entendue que si elle est dans la ligne de la majorité, et la souveraineté des Etats s’efface devant le « politiquement correct » : on a vu les dirigeants de l’Autriche ou de l’Italie exclus de la communauté pour leurs opinions.

On trouve également une ressemblance avec la planification soviétique. Les règlements économiques de l’Union (8.000 pages de textes) évoquent le Gosplan, avec le souci de régenter dans le détail toutes les activités. Ainsi la politique agricole définit-elle la façon d’élever les cochons, avec le nombre de truies nécessaire, ainsi qu’elle s’occupe de la survie des zèbres.

Enfin, et non le moindre, l’Union Européenne a soigneusement écarté toute référence à la religion chrétienne pour mieux honorer une idéologie qui ignore la personne humaine et ses droits. L’individu est assisté et encadré dans sa vie quotidienne, dans son alimentation comme dans ses modes de transport et, plus grave encore, dans ses modes de pensée et d’expression (l’inquisition contre le racisme ou l’homophobie ne cesse de sévir).

En fait, depuis 1992, l’Europe Occidentale n’a cessé de bâtir un nouvel ordre social fait de mélange entre communisme et sociale démocratie. On est bien loin de la salutaire réaction de Reagan en 1980. Aujourd’hui ce qui se passe à l’Est de l’Europe laisse les gens de l’Union indifférents. François Mitterrand avait donné le ton « Nous avons besoin de l’URSS », avait-il dit pour expliquer son opposition à la réunification de l’Allemagne. Aujourd’hui, tout se passe comme si l’Union avait besoin de Poutine, alors que l’expansionnisme du KGB menace tous les peuples d’Europe orientale, de la Baltique et du Caucase.

En fait, l’économie russe est en plein délabrement, et la société russe subit le retour du KGB et des maffias reconstituées depuis 1992. Cet effondrement de la Russie est compensé par les attentions que les Occidentaux ont à l’égard du Kremlin. Mais en se dotant d’un système qui élimine chaque jour un peu plus la liberté et la propriété, l’Union Européenne va s’effondrer aussi. Il est peut-être temps de mettre fin à la soviétisation de l’Europe de l’Ouest, et aux indulgences coupables qu’elle a pour le totalitarisme.

 

Le 14 Octobre 2009

   
 

 

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