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LE RSA POUR LES ECOLIERS ? "Si vous allez en classe au lieu de faire l'école buissonnière, vous toucherez une prime. Mais le montant de cette prime diminuera à chacune de vos absences". C'est le discours que l'on tient maintenant, à titre expérimental dit-on, dans certaines académies et il ne manque pas d'arguments pour continuer dans cette voie. Peu importent les modalités pratiques : on peut promettre aux enfants de l'argent, des vélos, des places pour aller voir jouer l'OM, voire même une aide humanitaire pour des enfants de pays pauvres, etc. Ce qui importe, c'est le principe : inciter les enfants à devenir assidus en les rendant responsables d'un capital géré librement. Cette mise en responsabilité est sympathique, mais pourquoi en arriver là pour obtenir un résultat somme toute banal : puisque la scolarité est obligatoire en France, obligation est faite aux enfants d'aller à l'école. On pourrait ajouter : et de s'y comporter en écoliers. Confronté au même problème Tony Blair, en son temps, avait préféré faire porter la responsabilité aux parents en les pénalisant en cas d'incartade ou d'absence de leur progéniture. Il avait assorti cette mesure répressive d'une nouvelle liberté offerte aux parents : celle de mettre leurs enfants dans l'école de leur choix. Parallèlement liberté a été donnée aux établissements de changer de statut, et par exemple de passer du public au privé. C'est à peu près la même philosophie qui a inspiré Rudolph Giuliani quand il a été maire de New York. Il a diminué l'absentéisme et du même coup la criminalité juvénile en encourageant la création d'établissements scolaires de toutes sortes : écoles ou salles d'études, études couplées avec le sport, le tout avec la plus grande souplesse et en respectant le choix des parents ; le budget de la ville a été mobilisé à cet effet sous forme de "bons scolaires". Cela devrait faire réfléchir nos réformateurs : l'absentéisme puise sa source dans la famille, et la famille renonce à sa mission éducatrice quand il n'y a pas de véritable choix scolaire, adapté aux besoins et des parents et des enfants. Les problèmes ne se ramènent pas à des bonus malus. Mieux vaudrait garder l'argent public pour instaurer la concurrence scolaire et encourager les entrepreneurs d'écoles. Le 14 Octobre 2009
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