PAS DE MENACES CONTRE KLAUS


Ce sont les termes mêmes de Frederick Reinfeldt, premier ministre suédois et président en exercice de l'Union Européenne, poste auquel il a précisément succédé à Vaclav Klaus.

"Des menaces seraient contre-productives", déclare-t-il dans une interview au Monde (6 octobre). Mais pourquoi cet intérêt soudain et ces égards inattendus pour un homme politique que l'Europe entière a décidé d'ignorer pour mieux le haïr pendant les six premiers mois de l'année 2009 ? C'est que le sort du traité de Lisbonne est en partie entre les mains du président tchèque.

Le sort de l'Union Européenne n'a pas été définitivement réglé avec le vote des Irlandais. Un non aurait définitivement enterré le traité de Lisbonne, mais le oui ne signifie pas que tout soit fini. Restent deux oppositions : celle de Klaus d'une part, celle des Anglais de l'autre.

Le Président tchèque ne veut pas ratifier un traité pour lequel son Parlement a donné son aval, au prétexte (assez solide) que le nouveau texte inclut les concessions faites aux Irlandais, et n'est donc pas le même que celui sur lequel le Parlement tchèque s'est prononcé. Il a soumis le cas au Conseil Constitutionnel de son pays, et les dirigeants européens ne peuvent s'ingérer dans des affaires d'un Etat membre de l'Union qui relèvent de sa seule souveraineté. Voilà pourquoi le président suédois fait preuve de ménagement à l'égard de son collègue de Prague.

Quant aux Anglais, le dossier est légalement bouclé depuis le vote du Parlement en 2008. Mais il est en train de s'ouvrir à nouveau, parce que les pressions sont très fortes sur le leader des conservateurs, David Cameron, qui sera sans nul doute l'an prochain premier ministre à la suite des élections générales. Ses amis exigent un referendum sur le traité de Lisbonne, même si ce traité a déjà été accepté par le Parlement. Les conservateurs se font mal à l'idée que l'Union aura un Président, et que selon toute vraisemblance ce président sera Tony Blair !

Ainsi le débat sur l'Europe est-il loin d'être clos. D'ailleurs la question essentielle n'a pas été vraiment tranchée dans les votes successifs depuis trois ans : l'Europe aura-t-elle un gouvernement ? Nous sommes naturellement opposés à cette perspective. Nous croyons à l'Europe des Européens, de l'ouverture et du marché, et pas à l'Europe des Etats, des impôts et des règlements.

Le 14 Octobre 2009

   
 

 

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