![]() | ||||||||||||
|
60ème ANNIVERSAIRE DE LA REPUBLIQUE POPULAIRE
DE CHINE Il y a 60 ans Mao, sur la tristement
célèbre place Tian’anmen, proclamait «Le
développement et le progrès de la nouvelle Chine depuis 60 ans ont prouvé pleinement
que seul le socialisme peut sauver C’est évidemment oublier tous les échecs du communisme en Chine, et tous les reniements qui permettent aujourd’hui à l’économie chinoise d’émerger puissamment. Les échecs sont aussi bien économiques qu’humains. Le « grand bond en avant », à base des « usines de village », de la collectivisation des terres, ne s’est jamais produit. Et les communistes ne sont jamais arrivés à forger « l’homme nouveau » qu’ils avaient planifié et éduqué dans leurs écoles du peuple. En revanche ils ont détruit la famille chinoise. Ils ont pratiqué l’eugénisme et réduit la croissance démographique par l’interdiction de procréer. Ils ont emprisonné, massacré, supprimé toute expression démocratique. Puis un jour, Deng Xiaoping a réveillé la Chine Populaire. Elle s’est ouverte au commerce international, puis elle s’est progressivement intégrée dans la mondialisation. Cette transition s’est faite à partir du foyer le plus capitaliste qui soit : HongKong. La ville a été un modèle pour l’ensemble du pays, bien avant d’ailleurs qu’elle soit sous le contrôle de Pékin. Ensuite les Chinois ont eu l’intelligence de comprendre que l’on pouvait répliquer le modèle de Hong Kong : Shanghai puis Shenzhen sont devenues à leur tour des foyers de développement, des plaques tournantes de l’économie chinoise. La souplesse et le calcul caractéristiques des dirigeants chinois ont fait le reste. Aujourd’hui, même dans les discours à l’occasion de l’anniversaire, on a vanté les mérites « de l’ouverture, de la réforme ». Ouverture et réforme : que nos dirigeants ne s’inspirent-ils de ces principes. Les membres du Parti Communiste ne manquent pas une occasion de rappeler les mérites de la propriété privée, ils encouragent leurs citoyens à s’enrichir, et nulle confiscation des richesses n’est en vue. Ainsi une classe moyenne s’est-elle rapidement constituée et développée, nous donnant aujourd’hui des centaines de milliers de touristes, des jeunes chinois dans la plupart des universités du monde entier. Certes cette nouvelle classe est politiquement invertébrée, et elle a ordre de se taire. Mais cela, apparemment, ne la perturbe pas. Les dirigeants communistes sont évidemment les premiers à tirer les marrons du feu : ils dirigent les plus grandes entreprises, passent les marchés internationaux, et sont devenus maîtres dans l’art de la finance. Certains s’interrogent sur le sens de cette évolution. Masque-t-elle une entreprise idéologique profonde, une manière d’infiltrer l’Occident et le capitalisme pour mieux les abattre ? La manœuvre hante sans doute certains esprits, mais le comportement actuel laisse au contraire penser que les Chinois se sont durablement acoquinés avec l’Occident. La meilleure preuve réside dans la masse de dollars détenus par les Chinois, sans doute quelque 700 milliards, et récemment encore les Chinois ont acheté pour 25 milliards de bons du Trésor. Aujourd’hui ce sont les Chinois qui soutiennent le dollar et financent le Trésor américain. S’ils avaient réellement l’intention de faire exploser le système financier mondial, cela leur serait facile. Mais qu’y gagneraient les dirigeants communistes actuels (en dehors d’une victoire idéologique s’ils en sont restés à leur religion première) ? Pour autant, on ne sait de quoi demain sera fait. D’un côté la crise a montré la solidité de l’économie chinoise, et les chômeurs qui ont reflué des villes vers les campagnes se sont relancés dans des activités nouvelles, au point de préparer une nouvelle vague de développement susceptible d’absorber les centaines de millions de paysans qui pour l’instant restent en retrait du progrès, et doivent être tenus d’une main ferme par le régime de Pékin. D’un
autre côté, l’ouverture au monde peut faire naître une poussée de libéralisme,
mais elle est contenue pour l’instant par un nationalisme incontestable. Les Chinois,
jeunes et vieux, ont la fierté de leur pays. Veulent-ils couronner leur progrès
par une domination impériale du monde pacifique ou par une réussite économique
sans précédent ? Le 7 Octobre 2009
| ||||||||||||