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USA : LE 4 NOVEMBRE, C'EST DEMAIN La
crise financière a fait perdre de vue à beaucoup d’autres dossiers essentiels,
à commencer par l’élection présidentielle américaine, dont les résultats
auront des conséquences pour la planète toute entière pendant les années
à venir. Pour notre part, nous suivons la campagne avec attention, et
nous avons publié sur le site http://www.libres.org
, « à la une » le manifeste signé par cent économistes américains,
qui critiquent les propositions d’Obama, avec en tête cinq prix Nobel,
dont G. Becker et J. Buchanan, entre autres. Rappelons la conclusion :
« Au total, les propositions économiques de Barak Obama portent tort
à l’économie américaine. Elles défient à la fois la logique économique
et l’expérience économique ». Le
terme de l’élection se rapproche ; il reste environ deux semaines avant
l’élection. Le système électoral américain est si complexe que dans une
majorité des Etats, les électeurs peuvent voter déjà depuis quelques semaines,
à l’avance donc, sous des prétextes divers, et cela en pleine campagne
médiatique sur la crise financière actuelle. Certains électeurs voteront
donc avant que les esprits ne retrouvent la raison, et beaucoup craignent
que l’hystérie actuelle anti-marché ne joue à fond contre McCain :
d’une part il apparaît comme nettement plus libéral en économie,
au moment où le libéralisme est chargé de tous les péchés de la planète;
d’autre part, le républicain apparaît logiquement plus proche de
l’administration sortante, désignée elle aussi comme à l’origine de la
crise (ce qui est vrai pour la Fed, mais pas pour les mesures Bush, notamment
de baisses d’impôts). Aux
USA, une élection n’est jamais jouée d’avance et la crise financière connaît
tellement de rebondissements que tout est possible. Mais il est tout de
même clair que l’hystérie antilibérale dessert McCain. C’est d’autant
plus grave que la crise actuelle provoque une surenchère étatique de tous
les cotés. Certes, McCain lui-même a approuvé toutes les décisions qui
vont ruiner le contribuable et qui remettent l’Etat au cœur de l’économie,
mais, avec Obama, ses hausses d’impôts et son protectionnisme, on est
en 1933 avec le New deal. On peut espérer qu’avec McCain, une fois que
le gros de la crise sera derrière nous, l’Amérique retrouvera ses esprits ;
avec Obama, il est sur que Washington persistera dans l’erreur. Mais
il n’y a pas que la crise financière et les questions strictement économiques.
Les questions sociales sont aussi essentielles, et là Obama veut modifier
l’assurance maladie pour la rendre obligatoire : copier en quelque
sorte notre merveilleux modèle de sécurité sociale. De quoi accroître
un peu plus les prélèvements obligatoires et faire perdre à chacun un
peu de liberté. Ensuite, il y a les questions de société, qui comptent
pour les Américains, depuis l’avortement (Obama est pro-choice et McCain
pro-life) jusqu’au mariage des homosexuels. La crise financière ne doit
pas masquer ces sujets de société. Enfin,
compte tenu des risques majeurs du terrorisme et de la puissance américaine,
la politique étrangère est essentielle. Certes, il faudra bien un jour
sortir du conflit en Irak ; mais faut-il partir à tous prix et avoir
fait tout cela pour rien, ou faut-il contribuer à rétablir la paix dans
le pays, fut-ce au prix du maintien des boys en Irak pendant quelques
années ? Et si Obama semble avoir les idées assez claires sur Israël,
on ne peut en dire autant sur d’autres sujets comme l’Iran. Vouloir dialoguer
avec tous, c’est bien, mais on ne dialogue avec le diable qu’avec une
longue cuillère. Evidemment,
l’urgence, c’est la crise. Mais le reste aussi est essentiel. Or, que
ce soit pour la crise ou pour le reste, même si McCain a des faiblesses
(ce n’est pas Reagan), Obama présente à nos yeux un inconvénient majeur :
ses recettes sont celles de Roosevelt, du New deal, de Keynes et des années
trente. Nous avions pensé que, depuis, le peuple américain avait compris
que le monde avait changé. Le 16 octobre
2008
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