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C’est effectivement le mot qui convient :
nous avons bénéficié du minimum de services publics et ce n’est pas fini. Les
grèves menées par des syndicats à bout de souffle, avec 2% de syndiqués dans le
privé, mais une forte capacité de nuisance dans le public, ont empoisonné la vie
des Français. Certains, comme à la SNCF, ont poursuivi la grève plusieurs jours.
Mais tout cela n’est qu’un hors d’œuvre. Les fonctionnaires seront en grève le
20 novembre. Les « services publics » font le point pour relancer le
mouvement à mi-novembre. En attendant on a quelques amuse-gueules, comme la grève
à Air-France. Tout cela pose d’abord un problème politique. Qui
gouverne ? Qui décide ? La rue ou le Parlement ? Nous avons ici un ton
assez libre pour critiquer la mollesse des réformes gouvernementales. Mais enfin
certaines vont dans la bonne direction, comme celle des régimes spéciaux. Les
remettre en cause, alors qu’elles figuraient dans le programme SARKOZY et qu’il
a été élu pour cela, c’est nier la volonté du peuple. Cela relève de procédés
totalitaires. Nous n’admettrons jamais qu’une minorité agissante, bruyante, politisée,
financée dans des conditions plus qu’obscures, bloque le pays et fasse capoter
des réformes voulues par la majorité des citoyens. Le gouvernement fait une politique
qui ne nous plaît pas sur bien des points, avec un libéralisme si timide, mâtiné
d’étatisme, mais ce gouvernement est légitime. Nous le critiquons comme il convient
dans une démocratie. Mais nous n’utilisons pas, contrairement aux syndicats, la
coercition pour imposer nos idées, parce que la coercition est la négation de
l’état de droit. Ensuite, cela pose le problème du fameux service
minimum, promesse de campagne. Certes, on nous
a expliqué que la loi n’était pas encore entrée en vigueur. Ce sera le cas après
le 1er janvier. Pourrons-nous alors circuler en paix en train, en métro
ou en avion ? La réponse est claire, et donnée clairement par Le Figaro :
« La loi sur le service minimum n’aurait pas fait rouler plus de trains ».
Disons-le : il y a eu tromperie sur la marchandise (comme avec la soi-disant
loi sur l’autonomie des universités). RATP et SNCF préparent l’application de la loi
dans leur entreprise, et comme rien de contraignant n’est prévu, elle ne changera
rien, contrairement à ce qui se passe dans la plupart des pays voisins (où la
grève est interdite à certaines heures, ou le service minimum est réellement imposé,
où la grève ne peut pas avoir lieu entre deux négociations, quand elle n’est pas
purement et simplement interdite, comme c’est le cas pour les fonctionnaires allemands).
Comme le rappelle Le Figaro, ce n’est pas une loi sur le service minimum, mais
sur « le dialogue social » qui ne garantit en aucun cas un trafic
minimum. Les directions doivent seulement « faire au mieux ». Certes,
il y aura une « alarme sociale ». Mais elle n’empêchera pas ensuite
la grève si les syndicats veulent la faire et bloquer le pays. Les dispositions de la loi permettront juste de
mieux prévoir et de s’organiser un peu mieux. En gros, avec 30% de non-grévistes,
on aura 30% du trafic, contre 15 ou 20% aujourd’hui. Mais avec 90% de grévistes
comme en octobre, puisque rien n’est imposé, on aura 10% du trafic. C’est donc
bien le minimum de service. Et les Français découvrent ces jours-ci qu’il y a
donc eu une promesse électorale formelle non tenue et une tromperie entre l’effet
d’annonce et la réalité du terrain. Le pouvoir de nuisance des syndicats reste
donc inchangé. Le 31 octobre
2007
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