SYNDICATS FRANCAIS : DES OMNIS (OBJETS MAFIEUX NON-IDENTIFIES) DANS LE PAYSAGE "SOCIAL"


Comme par miracle, l’histoire de la caisse noire de l’UIMM et les bizarres transferts d’argent en liquide ne soulèvent pas vraiment des protestations véhémentes de la part de nos syndicats toujours prompts lorsqu’il s’agit de critiquer le « laissez-faire de l’ultralibéralisme » et de condamner les « patrons voyous ».

L’explication de ce silence est très simple : ils sont les premiers suspects dans cette affaire. Pendant plusieurs années, afin d’acheter la « paix sociale », ils auraient reçu de la part de l’UIMM et grâce à une caisse noire, des sommes d’argent importantes pouvant aller jusqu’à plusieurs millions d’euros. Bien que ces pratiques  nous renvoient plus aux scènes des films de mafiosi d’un Coppola ou d’un Scorsese, elles ne sont pas totalement « anormales » car elles donnent une image crue du système de fonctionnement du syndicalisme français. 

Le syndicat en France est une espèce à part, une sorte d’OVNI (ou OMNI) qui ne correspond à aucun autre organisme existant. Régi par deux articles du Code du travail, le syndicat n’est pas une administration, ni une association ou une fondation et n’entre dans aucune catégorie publique ou para-publique connue. Grâce à cette situation, les syndicats ne sont contrôlés par personne et n’ont aucune obligation de publier leurs comptes. Ils peuvent recevoir de l’argent de n’importe qui et sous toute les formes.

Un simple rappel historique de leurs faits d’armes : le financement de la CGT par Moscou pendant la guerre froide, les affaires de la mutuelle d’étudiants (la MNEF), celle de la CRI (Caisse de retraite interprofessionnelle) versant plusieurs millions aux syndicats ou bien du Comité d’entreprise d’EDF finançant la CGT ou bien les « petites affaires » comme par exemple les chauffeurs de Nicole Notat et de Marc Blondel rémunérés par le Crédit Lyonnais et la Mairie de Paris. L’histoire de nos syndicats est riche en « rebondissements » de ce genre et seuls une réforme importante de leur financement et un contrôle réel de leurs comptes pourraient mettre fin à ces pratiques.

Bogdan Calinescu,

Le 18 octobre 2007

 

 

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