GRENELLE DE L’ENVIRONNEMENT :

LES HOMMES POLITIQUES SAURONT-ILS RÉSISTER ?


 

Nous avions prévenus nos lecteurs, y compris par un éditorial de Jacques GARELLO il y a quinze jours, « Transmettre la planète, transmettre la dette » : nous n’avons pas fini d’entendre parler du Grenelle de l’environnement. Et il nous faudra revenir nous aussi régulièrement sur le sujet, pour mesurer l’ampleur des dégâts. Il y a un mois, nous dénoncions le délire réglementaire qui allait s’abattre sur nous, à commencer bien sûr par les automobilistes (n’a-t-on pas entendu les Verts proposer de réduire de 30 km/heure la vitesse des automobiles ?). Il y a quinze jours, nous nous inquiétions du délire fiscal qui allait découler de toutes ces propositions (et pas seulement tomber sur les automobilistes).

Cette semaine, ce qui nous inquiète, compte tenu de tout ce que l’on entend, c’est la capacité des hommes politiques à faire le tri dans ce délire verbal et à ne retenir que les propositions raisonnables, s’il y en a, et surtout pas les propositions liberticides. Certes, Jean-Louis BORLOO ne cesse de répéter qu’il saura prendre ses responsabilités, mais c’est justement cela qui nous inquiète, compte tenu des idées de M. BORLOO.

Comment réagissent les parlementaires de la majorité qui, a priori, devraient avoir le dernier mot si on ne leur impose pas de force un vote bloqué et une discipline majoritaire sans faille ? Certains émettent des réserves et c’est tant mieux. Cela inquiète Le Monde qui titre :« La droite reste réservée sur les idées émises au Grenelle de l’environnement. Députés et sénateurs de la majorité ont multiplié les mises en garde au gouvernement ». Tant mieux…

C’est la gauche qui a encouragé le gouvernement et qui le pousse encore à aller dans le sens des thèmes retenus par les travaux préparatoires du fameux Grenelle. Mais une partie de la droite n’a pas été en reste : « Nous avons un intérêt économique à devenir les champions de l’environnement » a déclaré le président du groupe UMP à l’Assemblée, Jean-François COPE. Mais cela dépend de quel environnement on parle : s’il s’agit de l’écologie politique ou fiscale, elle est contraire à la prospérité économique ; s’il s’agit d’écologie de marché, c’est différent, mais on n’a guère vu de propositions en ce sens.

En revanche, M. COPE nous a rassurés lorsqu’il a rejeté « les fausses bonnes idées, comme la réduction de 10kM/h de la vitesse sur les routes ». Avec cette mise en garde : « Agriculteurs, industriels, automobilistes, consommateurs, nous avons commencé à prendre conscience de ce que nous devons faire individuellement, il serait terrible de prendre des sanctions, alors que les mentalités sont en train d’évoluer » : il a raison, la responsabilité personnelle, c’est mieux que la coercition.

Mais certains députés, comme Jean DIONIS DU SEJOUR (Nouveau centre) pensent qu’il faut que le Parlement prenne le relais en votant « une loi-cadre sur l’environnement », ce qui est pour le moins dangereux, car cela ouvre la porte à toutes les surenchères. Patrick OLLIER (UMP) veut éviter « les débats faussés et les positions intégristes, non fondées scientifiquement », mais en même temps il demande au gouvernement de s’engager « sur des objectifs fixés dans le temps et sur les moyens de les atteindre ». Serge GROUARD (UMP) a pour sa part déclaré que le développement durable « est l’équivalent d’une nouvelle philosophie des Lumières », mais nous n’avons pu déterminer si c’était dans sa bouche un compliment ou une critique vis-à-vis du développement durable… Nicolas DUPONT-AIGNANT a réclamé des « efforts collectifs », sans préciser si ces efforts passaient par la fiscalité, ce qui est tout le problème. Le sénateur UMP Fabienne KELLER nous a pour sa part fortement inquiétés en réclamant l’adoption « de financements durables » pour les futurs programmes : l’impôt durable, c’est en effet très inquiétant.

Bref, nos parlementaires bavardent pour l’instant mais il faudra bien qu’ils prennent leurs responsabilités. Les électeurs et les contribuables, eux, se souviendront de leurs décisions.

Le 24 octobre 2007 

 

 

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