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Jacques GARELLO a consacré la semaine dernière
son éditorial à « la loi de la jungle » en partant des déclarations
d’Alan GREENSPAN faites au Figaro Economie, à l’occasion de la sortie de ses mémoires.
Le thème dominant de ces déclarations est l’ignorance des Français dans le domaine
de l’économie. On peut bien entendu ne pas avoir été d’accord
avec la politique menée par Alan GREENSPAN lorsqu’il était à la tête de la Fed,
jugeant cette politique trop conjoncturelle et trop basée sur le maniement du
taux d’intérêt, mais il faut bien reconnaitre la pertinence de ses analyses économiques,
en particulier concernant notre pays. Nos amis lecteurs n’ont peut-être pas tous
lu cet entretien et nous avons pensé qu’alertés par la présentation faite par
Jacques GARELLO, ils seraient heureux d’en avoir de plus larges extraits. « Les sondages sur la vision négative et le
rejet par les Français de la libre concurrence m’ont beaucoup frappé. Le contraste
avec les Etats-Unis est impressionnant en dépit de tout ce que nos deux pays ont
en commun. Je cite Edouard BALLADUR qui estime que la libre concurrence, « c’est
la loi de la jungle ». En vérité, cette approche gouverne la politique française.
Comme s’il y avait quelque chose d’antisocial dans la libre entreprise. En fait,
pour assurer la croissance, il faut que le capital soit employé là où il est le
plus productif et retiré des secteurs obsolescents. Or, à la fin du compte, seules
des hausses de productivité assurent la progression du niveau de vie. ». « Pour en arriver là, il faut un processus
efficient d’allocation de capital. Celui qui fonctionne le mieux est celui du
marché libre. Naturellement, cette destruction créative est extrêmement pénible
pour les individus qui sont du côté des perdants. Aux Etats-Unis, nous acceptons
ce coût. Nous nous accommodons des pertes d’emplois et de la mobilité importante
de la main-d’œuvre que cela implique. Mais, à la différence de la France, nous
avons un taux de chômage très bas. ». « Le problème principal que M.SARKOZY s’est
engagé à traiter, de manière relativement indirecte, est celui de pouvoir licencier
sans encourir des coûts élevés. En France, supprimer des emplois revient cher.
Aux Etats-Unis, non. Notre position est que s’il coûte cher de licencier, les
entreprises vont hésiter à embaucher. Cela créé un niveau structurel de chômage. ». « Aux Etats-Unis, notre productivité effective
est supérieure. Je sais que la France affiche un taux de productivité horaire
plus élevé que le nôtre. Mais c’est une illusion statistique liée à votre taux
de chômage presque deux fois plus élevé. Si l’on intégrait des chômeurs dans le
calcul, la productivité française dégringolerait. En termes de revenu par habitant,
le rang de la France dans le monde est passé de onzième en 1980 à vingt-cinquième
en 2005. Le Royaume-Uni, au contraire, a grimpé. Je pense qu’en grande partie
cela est dû à la manière dont la France appréhende la question de la libre concurrence
et de la libre entreprise. ». « La France est bien sûr un pays capitaliste.
Les droits de propriété y sont protégés » (On pourrait en discuter, compte
tenu des impôts et des lois liberticides). « La règle de droit s’applique.
J’admire la France pour beaucoup de raisons. Il est clair que votre histoire est
plus longue que la nôtre. Ma femme adore Paris. Le Louvre est sans égal. Je comprends
que les Français jugent que leur civilisation est supérieure à la nôtre. Mais
notre forme de capitalisme brut n’est pas antisociale. Notre croissance extraordinaire
a rendu possible des avancées importantes en matière d’éducation supérieure, en
matière médicale, en matière de technologie par exemple ». Notons enfin une petite remarque à propos de SARKOZY :
« Il va être fascinant d’observer votre nouveau président. Autant que je
puisse en juger, il est considérablement mieux disposé à l’égard du jeu de la
libre entreprise que Jacques CHIRAC. Pourtant, M.SARKOZY a aussi en plus en tous
cas affiché des vues protectionnistes ». Suivent quelques compliments sur
le fait que le Président ait accepté de passer ses vacances aux Etats-Unis :
« C’est un acte politique courageux ». M. GREENSPAN n’a donc pas d’a priori hostile à
Nicolas SARKOZY. Raison de plus pour que celui-ci lise et relise avec intérêt
le jugement de l’ex-président de la Fed sur notre pays ; ce qu’il dit n’a
rien d’extraordinaire : plus de concurrence, plus de flexibilité, plus de
libre marché, plus de libre entreprise. Nous ne disons pas autre chose. Mais la
classe politique, comme le rappelait Jacques GARELLO, préfère dire que « la
concurrence, c’est la loi de la jungle ». Le 5 Octobre 2007
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