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C’est un rapport tout à fait encourageant que l’OCDE
vient de publier, pour la première fois, sur l’Inde. Nous avions déjà souligné, dans un
article de conjoncture il y a plusieurs mois, ce dynamisme de l’économie indienne.
La croissance est très rapide, en moyenne de 7,5% par an et par habitant, soit
près de 10% de hausse globale du PIB (contre 1,25% de croissance dans les années
50-80, qui avaient été totalement gaspillées par la politique socialiste). Le
produit par tête devrait donc doubler en dix ans. Il n’y a guère, parmi les grands
pays, que la Chine qui fasse mieux. Pour l’OCDE, ces bons résultats proviennent avant
tout de la libéralisation de l’économie indienne, longtemps marquée par l’influence
soviétique et par le socialisme dirigiste. L’ouverture internationale, la libéralisation
intérieure ont permis ce miracle économique, faisant de l’Inde « le bureau
du monde », comme la Chine en est « l’atelier ». C’est ainsi que
l’on a fait reculer la pauvreté, comme le souligne le chef du département économique
de l’OCDE : « Le taux de pauvreté de la population indienne est passé
de 26% à 22%, ce qui prouve que les précédentes libéralisations ont été plutôt
bénéfiques pour la population ». L’Inde est ainsi devenue la troisième économie
du monde (calculée en parité de pouvoir d’achat), grâce à l’ouverture et à la
libéralisation. En ce sens, le rapport de l’OCDE consiste avant tout à dire à
l’Inde de continuer sur le chemin des réformes, et donc simplement de poursuivre
et d’accentuer la politique actuelle. L’ouverture extérieure doit s’accentuer,
prouvant une nouvelle fois que le commerce est la meilleure forme d’aide au développement.
Le commerce extérieur représente 24% du PIB, soit quatre fois plus qu’en 1985
et les investissements étrangers sont passé de moins de 0,1% du PIB en 1990 à
2% aujourd’hui. Mais il faut aussi accentuer les réformes intérieures.
Les politiques fiscales doivent être plus attractives et encourager
l’offre. Il faut surtout réformer le marché du travail, renforcer la concurrence,
diminuer les obstacles à l’entreprenariat, accélérer les privatisations, ce qui
stimulerait la productivité, et réduire les participations de l’Etat, notamment
dans le secteur bancaire. Il y a encore du travail à faire dans tous les domaines.
Ainsi, les Echos rappellent qu’une entreprise de plus de 100 salariés, dans le
secteur manufacturier, doit « obtenir
l’aval des autorités pour licencier ne serait-ce qu’un salarié ». Les choses
sont heureusement plus souples dans d’autres secteurs. Le commentaire de nos confrères est sans appel :
Le Figaro titre « Pour éradiquer la misère, l’Inde doit libéraliser son économie »,
les Echos « L’OCDE exhorte l’inde à accélérer la libéralisation de son économie »
et Le Monde « Selon l’OCDE, l’Inde peut réduire sa pauvreté de moitié d’ici
à 2015 ». Tout va donc pour le mieux dans le meilleur des
mondes. A un détail près. Le Parti du Congrès, au pouvoir, a certes évolué dans
la bonne direction, mais il n’est tout de même pas, loin de là, un parti ultralibéral.
Mais surtout, il ne gouverne pas seul et la coalition au pouvoir comprend…le parti
communiste, resté très puissant en Inde. Et celui-ci réclame à ses alliés une
rupture avec les réformes libérales, souhaite nationaliser à nouveau, bref le
plus court chemin, pour enfoncer l’Inde dans la misère et la pauvreté, effaçant
ainsi les efforts entrepris depuis dix ou quinze ans. Autrement dit, la seule
menace qui pèse aujourd’hui sur l’économie indienne est politique : c’est
celle que le parti communiste fait peser sur le pays. Déjà, ces dernières années,
certaines réformes avaient été ajournées sous la pression communiste. Certes, l’OCDE donne des conseils à mi-mots, expliquant
que le succès actuel « doit encourager les hommes politiques, à Delhi, à
poursuivre dans cette stratégie ». Mais on sait bien, hélas, que ce type
d’argument laisse froid le parti communiste. Il faut que le parti du Congrès trouve
les moyens de se libérer de cette tutelle communiste. Il en va de l’avenir du
pays, le second en importance de population de la planète. Encore une fois, c’est
le libre marché qui créé la prospérité et la politique qui la menace. Le 18 octobre 2007
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