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S’agissant d’explorer notre système d’enseignement, nous avons déjà observé que les rapports officiels, même ceux du ministère de l’Education Nationale osaient enfin dire une part de la vérité. Pour ne pas être en reste, le MEDEF jette une nouvelle fois un pavé dans la mare. Son comité université-emploi, présidé par Michel PEBEREAU (par ailleurs auteur d’un salutaire rapport sur la dette publique) a remis ses conclusions sur l’enseignement supérieur et placé les hommes politiques face à leurs responsabilités. Il a soumis cinq propositions à la très officielle Commission Nationale université-emploi présidée par le recteur de l’académie de Limoges. Comme l’a rappelé Laurence PARISOT, tout commence par le baccalauréat : il faut réformer les cycles d’études en amont avec « une meilleure prise en compte de l’habileté manuelle dès le primaire » et « la valorisation » des filières professionnelles. Et surtout, il y aurait une totale autonomie de recrutement des étudiants par les universités, façon discrète de contourner la question du bac : le comité PEBEREAU pense que chaque université doit être autorisée à définir ses « modalités appropriées » de sélection des étudiants à l’entrée. Sélection, le mot tabou a été prononcé ! Autre élément intéressant, rappelé par Les Echos qui donne cette information sous le titre « les recettes du MEDEF » : pour les universités, le MEDEF « prône l’autonomie complète ». La gouvernance est la « question préalable à toute réforme de l’enseignement supérieur » ; il faut donc une « instance décisionnaire restreinte », au lieu de nos conseils d’universités bureaucratiques (et syndicalisés, ce que le MEDEF ne peut pas dire trop fort, mais nous, nous le pouvons), instance comprenant universitaires et représentants d’entreprises. Autonomie financière : le financement devrait être « diversifié ». Il est actuellement presque uniquement public, et la différence, comme nous l’avions montré ici même, entre la France et l’étranger, c’est qu’à l’étranger les universités recourent au financement privé. Chez nous, c’est un interdit, qu’entend lever le MEDEF. Les dotations de l’Etat devraient être liées à l’existence de débouchés et il n’y a pas de raison de financer des filières qui n’offrent aucun débouché professionnel. Quant aux fondations, elles devraient jouer un rôle important grâce à des incitations fiscales. Enfin, les universités
doivent pouvoir effectuer leurs propres choix stratégiques, « être
directement responsables des enseignants et des personnels administratifs
et maîtriser la gestion et les investissements de leurs établissements. ».
En clair, liberté, autonomie, sélection, décentralisation et concurrence.
Que pensent les hommes politiques des recettes du MEDEF ? Ce que
nous pouvons dire en tous cas, c’est que ce sont les recettes qui ont
partout réussi à l’étranger. Il est vrai que Jacques CHIRAC nous rappelle
sans cesse que nous ne devons pas prendre nos modèles à l’étranger, mais
rester fidèles à nos bons vieux services publics. Pendant ce temps le
monde entier s’est mis en position de concurrence sur le marché de l’éducation.
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