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Vous attendez un taxi à la sortie de la gare ou de l’aéroport depuis trente minutes et vous allez manquer votre rendez-vous. Ne râlez pas après le chauffeur de taxi, mais adressez-vous au préfet de police de Paris : c’est lui qui fixe le nombre de taxis dans la capitale. Au départ, le nombre de taxis était libre, chacun pouvant
s’installer librement en fonction de son appréciation du marché. Ce nombre
a culminé à 25 000 en 1920. Depuis, une loi de 1937 a fixé le nombre de
taxis à Paris à 14 000, créant une raréfaction artificielle de l’offre,
comme cela existe en France dans de nombreuses professions : la liberté
d’accès au marché n’existe plus. Ce chiffre n’a été modifié que deux fois, en 1967 (
14 300) et en 1990 ( 14 900), évolution ridiculement minime, sans aucun
rapport avec celle de la demande. Le préfet de police vient de décider
de « remédier » à cette situation en augmentant le nombre de
taxis à Paris d’environ 10% au cours des cinq prochaines années, ce qui
signifie en tout environ 1500 nouvelles licences. Certains présentent
cela comme une véritable révolution et, bien entendu, quelques chauffeurs
de taxis protestent contre cette concurrence « excessive »,
voire sauvage…. Cette décision vaut pour Paris et 80 communes de banlieue,
ainsi que pour les aéroports parisiens. Ajoutons que non seulement l’offre est artificiellement
limitée, mais aussi, comme chacun le sait, que les prix ne sont pas libres
et restent fixés par le ministère des finances : la concurrence ne
joue ni du côté de la liberté d’accès, ni de celui des prix. Il y a déjà plus de 40 ans que Jacques RUEFF et Louis
ARMAND avaient présenté les professions fermées comme étant l’un des obstacles
majeurs à la croissance, à la création d’emploi, à la concurrence. Rien
n’a véritablement changé depuis et la décision bien prudente du préfet
de police, Jean-Paul PROUST, ne modifiera pas grand chose ; c’est
d’autant plus vrai que non seulement l’augmentation du nombre de taxis
sera étalée sur cinq ans, mais encore quelle dépendra d’indices d’activités
reposant sur le pouvoir d’achat et du nombre de nuitées d’hôtel à Paris,
comme au temps de la planification soviétique triomphante. Il est temps de mettre en application le rapport RUEFF-ARMAND
et d’ouvrir les professions, chauffeurs de taxis ou autres, à la concurrence.
Et la concurrence, c’est d’abord le libre accès au marché, la libre entrée,
et ensuite la liberté des prix. Le reste n’est que du bricolage néo-stalinien.
Il est vrai que M.PROUST affirme avoir pour objectif de transformer les
taxis en « véritable service public » : tout est dit !
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