BRUXELLES MET PARIS EN GARDE


Certains ont pu trouver sévère notre analyse du budget RAFFARIN dans notre article de conjoncture de la semaine dernière. Nous ne faisions que le mesurer à l’aune libérale. Il y a tout aussi sévère que nous : c’est la Commission européenne, pourtant habituellement peu suspecte de libéralisme. Mais les défauts de ce budget sont tellement évidents aux yeux de tous que même Bruxelles s’en aperçoit.

Dès le lendemain de la publication du budget, le commissaire aux affaires économiques et monétaires, Pedro SOLBES, a rendu public un « commentaire préliminaire » extrêmement sévère. « A première vue, nous sommes préoccupés. Je regrette particulièrement que la position budgétaire française ne soit pas clairement améliorée en 2003. Cela ne semble pas être en ligne avec les engagements passés de la France ». « La première source de préoccupation est le manque d’amélioration de la position du déficit budgétaire cycliquement ajusté » (c‘est à dire du déficit structurel). Cela « montre clairement que le gouvernement français reporte son processus d’assainissement budgétaire ».

« La deuxième source de préoccupation est que l’équilibre du budget ne sera pas atteint en 2006 ». Elément de préoccupation supplémentaire, selon la Commission, le déficit prévu de 2,6% en 2003 « reste dangereusement trop prés du seuil de 3% du PIB »  qu’aucun Etat ne saurait franchir dans la zone euro sans subir un avertissement.

Il est également clair que les pays qui ont fait des efforts de réduction des dépenses pour revenir à l’équilibre budgétaire apprécient peu le laxisme de la France.

Il est rare qu’une mise en garde de Bruxelles soit aussi rapide et aussi sévère. La France est donc invitée à réduire ses déficits, et, comme elle doit aussi réduire ses impôts, il ne lui reste qu’à réduire ses dépenses. Il n’y a pas que nous qui le disons : même Bruxelles le dit désormais haut et clair. Jusqu’à quand allons-nous continuer à avoir une attitude autiste ?

Le 10 Octobre 2001