XXXIème UNIVERSITE D’ETE DE LA NOUVELLE ECONOMIE

Mardi 25 août au MATIN


Seule la pauvreté est-elle morale ?

C’est la question que pose le Pr. Victoria Curzon Price. Si l’on en croit les adversaires du marché, seule la pauvreté est vertueuse tandis que la richesse est immorale. Une double conclusion s’impose : il faut rompre avec le marché qui n’a pour référence que la richesse, et il faut redistribuer la richesse par tous les moyens possibles : la fiscalité et la « protection sociale » sont à cet égard très efficaces. En fait, on ne peut redistribuer qu’une richesse créée, et pour créer de la richesse, il faut des entreprises opérant sur des marchés libres.

La redistribution tue la création de richesses, parce qu’elle pénalise les entreprenants. La Sécurité Sociale gaspille de l’argent parce qu’elle exclut la capitalisation, et repose sur le « pay as you go ». Mais quelle solidarité cette technique de redistribution peut-elle créer ? Les jeunes générations paieront plus tard pour les dettes sociale et publique accumulées. Les pauvres sont plus durement touchés par les prélèvements obligatoires que les riches. Il n’y a donc aucune solidarité, ni entre générations ni entre catégories sociales.

La fausse solidarité s’exerce aussi au détriment des pays pauvres : l’aide internationale appauvrit les peuples et enrichit les gouvernants. Il est bien plus efficace pour sortir les gens de la misère de leur permettre de prendre des initiatives. Les micro-réalisations fondées sur les débouchés marchands sont plus efficaces, et plus dignes, que les macro-subventions.  

Est-il immoral de jouer sur la concurrence fiscale ?

C’est un avocat fiscaliste, Toine Menders, qui rappelle que l’on peut pratiquer l’exil fiscal en toute légalité. La législation européenne offre de multiples occasions d’échapper aux enfers fiscaux. Mais, dans l’opinion publique, on ne sait pas faire la distinction entre la fraude fiscale, l’évasion fiscale, et l’exil fiscal. Celui-ci est tout à fait autorisé, les contribuables peuvent choisir leurs lieux d’imposition, il y a libre circulation des hommes et des capitaux au sein de l’Union.

De façon plus générale, fait remarquer Daniel Ikenson (Cato Institute), les médias et les politiciens désignent à la vindicte populaire des catégories de personnes dont on peut montrer qu’elles sont plus utiles à la société, et que leur activité est plus morale que celle de bien d’autres : les traders, les spéculateurs, les informateurs, les rabatteurs, les usuriers, et bien sûr les contribuables qui échappent à l’impôt ! 

L’immoralité des financiers à l’origine de la crise

C’est la version privilégiée par les médias et les politiciens moralisateurs. Or, la crise n’est pas due à la défaillance du marché, mais bien aux nombreuses défaillances de l’Etat. C’est ce que démontre avec brio le Pr. Pascal Salin. Les subprimes ?  Elles résultent du diktat des autorités américaines, enjoignant aux banques d’accorder des crédits pour l’accession à la propriété sans faire aucune discrimination entre les emprunteurs. Or, le rôle d’un banquier est précisément de discriminer, de juger les capacités de remboursement du client. L’Etat américain est allé plus loin : si les banques prennent des risques, il se substituera aux emprunteurs insolvables. Du coup les titres hypothécaires émis deviennent des papiers financiers d’une grande qualité, que tout le monde se dispute ! Les bulles spéculatives à la bourse de New York ? Elles ont été provoquées et entretenues par la politique monétaire de la FED, prêteur en dernier recours, disposée à refinancer n’importe quel opérateur, moyennant un taux d’intérêt très bas, sans aucun rapport avec le vrai prix des liquidités. Enfin, les autorités publiques de surveillance se sont rendues coupables de négligence, voire de connivence. Personne n’a voulu admettre la vérité sur les catastrophes inéluctables, et en application du principe « too big to fail », on a sauvé des établissements qui auraient dû disparaître. Il est immoral d’avoir provoqué l’irresponsabilité financière, et d’en effacer ensuite les conséquences.  

L’immoralité de la Sécurité Sociale

Pour Jacques Garello, aucun doute : la Sécurité Sociale est injuste et inefficace. Certains assurés sont très privilégiés, au détriment des assujettis au régime général, et parmi ceux-ci les smicards ont le plus à craindre. A ce jour, on s’est contenté de bricoler le système (mesures paramétriques), alors que c’est le système même qui est aberrant : la « répartition » est explosive avec une population vieillissante et des actifs moins nombreux. Ce qui s’impose, c’est le passage à la capitalisation, la mise en place de comptes individuels de santé et de retraite.

Une vraie réforme aurait aussi pour bienfait de moraliser les comportements des individus, et de faire renaître les vertus morales indispensables au marché : responsabilité, initiative, prévoyance, rigueur. La Sécurité Sociale a transformé les Français en assistés, démotivés, ou tricheurs. Réformer la Sécu, c’est redécouvrir le travail, l’épargne et la responsabilité personnelle.

Le 30 septembre 2009

   
 

 

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