![]() | ||||||||||||||||||||
|
Ces Français sont indécrottables : ils veulent tout et son contraire. C’est du moins ce qui ressortait des commentaires d’experts très savants, comme Christian de Boissieu, président du Comité d’Analyse Economique, lorsqu’ils ont été confrontés aux résultats d’un sondage réalisé le 7 septembre pour le quotidien 20 Minutes et Radio France Info. Voici d’abord les chiffres livrés par le sondage : 27,7 % des Français interrogés (échantillon significatif de 1.000 personnes) sont préoccupés par l’avenir de leurs retraites, et 67 % se disent « très préoccupés ». « Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés » (La Fontaine : les Français malades de la Sécu) 81 % souhaitent un referendum sur une réforme des retraites 89,5 % sont opposés à une baisse des pensions 65,9 % sont contre l’allongement de la durée de cotisation (qui doit être portée à 41 ans) 63 % sont hostiles au relèvement de l’âge légal. L’incohérence serait évidente : d’une part les Français veulent une réforme des retraites, de l’autre ils s’opposent à tout changement dans le système actuel. Cherchez l’erreur ! Elle est en réalité très simple : les Français ne considèrent pas que les réformes qu’on leur propose soient de nature à sauver leurs retraites. Ils ont parfaitement raison, et ils sont pleinement logiques : ce que les gouvernements ont fait jusqu’à présent, avec une obstination remarquable, ne sont pas des réformes mais des réformettes, de simples ajustements « paramétriques » : on modifie le paramètre de l’âge, on change le mode de calcul des pensions, on allonge la période où on augmente le montant des cotisations. Dans l’ouvrage en trois volumes qu’ils ont consacré à la réforme des retraites, Jacques GARELLO et Georges LANE ont montré l’insanité et l’injustice de telles mesures. La seule réforme décisive, celle qu’on ne veut pas faire, c’est celle du passage de la répartition à la capitalisation, c’est la création de comptes individuels de retraites destinés à se substituer progressivement mais totalement au système impraticable qui veut que les actifs payent pour les retraités, alors que la population ne cesse de vieillir (ce qui est d’ailleurs un progrès dont on a tout lieu de se réjouir). Seulement voilà :
en France silence radio (y compris Radio France) sur la transition ; sur
la remise en cause du monopole de la Sécurité Sociale. On a dit que l’on allait
dans les prochains mois mettre « tout sur la table ». Mais l’essentiel
sera toujours caché sous la table.
Le 16 septembre 2009
| ||||||||||||||||||||