LA FRANCE MONTRE LE CHEMIN DE LA REFORME


Nicolas SARKOZY, dit-on, a fait sa rentrée économique. Avant-hier jeudi il a fait la tournée des popotes, à la rencontre des salariés de toutes ces usines menacées de licenciement ou de fermeture, dont la plupart travaillent pour l’industrie automobile. Cette démarche avait un côté sympathique et courageux : aller au devant d’un personnel anéanti par l’épreuve qu’il traverse, explorer les possibilités qui lui sont encore offertes, affirmer la solidarité de la nation, cela pouvait se comprendre et on pouvait admirer la bonne volonté et la sollicitude de notre Président en la circonstance.

Le drame, c’est qu’il a voulu placer quelques uns de ses couplets favoris sur le recours à l’Etat et sur la réforme du capitalisme. L’Etat sera généreux : s’adressant à la direction des établissements menacés? il a donné l’assurance que les fonds publics seraient là pour boucher les trous et sauver les emplois. On peut d’autant mieux promettre de l’argent qu’on n’en a pas, à moins de le prendre à ces riches qui en trop. L’Etat sera protecteur : pas question de laisser filer à l’étranger notre force de frappe industrielle « Ce peut être ringard, mais je soutiens que le maintien de son industrie sur son territoire est indispensable à une économie nationale puissante ». Protectionnisme à l’heure de la mondialisation, industrialisme à l’heure des services : c’est en effet ringard. Le Président ne semble pas encore tout à fait convaincu des méfaits de la fiscalité, de la Sécurité Sociale, du Code du Travail et des syndicats sur la compétitivité des entreprises françaises. Le Président semble ignorer les engagements internationaux pris par la France, qui non seulement nous lient moralement au reste du monde, mais surtout nous exposent à des mesures de rétorsion, de pression et d’exclusion de  la part de la communauté internationale.

Mais il est vrai que sur ce dernier point la philosophie du président, objet d’ailleurs d’un consensus politique de l’extrême gauche à l’extrême droite, consiste à bâtir un « modèle français » de nature à réformer le capitalisme. Et Nicolas SARKOZY d’énumérer toutes les initiatives qu’il a prises et qui sont aujourd’hui adoptées par nos plus fidèles partenaires, allemands et anglais (du moins le croit-il) : la France a déclaré la guerre aux paradis fiscaux, la France a pris l’offensive contre les bonus et les hauts salaires, la France vient d’imaginer la taxe carbone : tout le monde va nous suivre, et nul doute que le sommet de Pittsburgh dans deux semaines ne s’occupera que des nouvelles propositions françaises.

Le 9 septembre 2009

   
 

 

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