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L’Université d’été du MEDEF a eu de quoi surprendre. Par son style, par son thème, et surtout par les nouvelles orientations de la centrale patronale et de sa présidente. Le style, très « people » : les célébrités qui font le tout-Paris. Des artistes, des sportifs, des intellectuels connus pour leurs convictions patronales, comme Alain Minc, des syndicalistes partisans du marché et du capitalisme comme Mailly et Chérèque, des politiciens qui ont épousé la cause de la libre entreprise comme Rocard, Juppé, Laurent Fabius, une bonne vingtaine de membres de ce gouvernement qui fait tout pour faciliter la tâche des entrepreneurs, et bien évidemment tous les grands noms de la finance et de l’industrie, managers brillants qui n’ont cessé depuis des années de se mobiliser pour le capitalisme et la mondialisation. Nous avons dénombré trois intellectuels et quatre politiciens libéraux parmi les orateurs ; c’était beaucoup. A juste titre, cette Université a été comparée à Davos : l’important était de s’y montrer, et ne pouvaient s’y montrer que des gens importants. Très, très people. Le thème : « A la recherche des temps nouveaux », très médiatiquement proustien. On pouvait s’attendre à une réflexion sur la mondialisation, sur la construction européenne, sur la fiscalité, sur le rôle de l’Etat, sur le poids des dépenses publiques et des charges sociales, sur le futur des retraites, de l’assurance maladie, sur le système d’enseignement, voire même sur la fameuse refonte du capitalisme. Ces questions devaient être subalternes, pas assez éthérées pour un patronat très intellectualisé, le programme les a donc exclues, et le grand public aura été sevré de messages patronaux sur ces sujets, même si certains orateurs y ont fait allusion – en des termes évidemment très politiquement corrects. Très politiquement correcte aussi notre chère présidente du Medef. Interrogée par les journalistes sur la taxe carbone, l’impôt idiot, elle s’est empressée de préciser qu’elle était d’accord sur le principe mais pas sur les modalités. Elle a d’ailleurs indiqué qu’elle s’en était entretenue avec Nicolas Hulot : on respire ! Elle a confirmé sa foi dans le dialogue social avec les syndicats, qui sont de bonne volonté et font tout pour faciliter la vie des entrepreneurs, même s’il y a quelques « micro-climats » plus orageux. Nous voici donc à nouveau sur la ligne Gandois, qui avec sa complice Martine Aubry et sous le regard bienveillant d’Edouard Balladur, avait relancé en 1993 les syndicats exsangues et justement discrédités. Quelle distance parcourue par la présidente depuis sa prise de fonction, quand elle écrivait un ouvrage remarquable « Besoin d’air » pour réclamer la libération des entreprises, la fin des 35 heures, la flexibilité du marché du travail, la baisse des charges et impôts, la réduction de la réglementation, et quand elle se promettait de lancer une grande campagne pour que les Français accèdent enfin à la connaissance de l’économie ! Nous serions curieux de savoir ce qu’en ont pensé les chefs d’entreprise subissant quotidiennement les contraintes fiscales, syndicales, administratives qui les mènent à la ruine et les dissuadent d’embaucher, ou les encouragent à se délocaliser. Il est vrai qu’ils ne devaient pas être à Jouy en Josas, mais sur les chantiers, dans leurs ateliers ou leurs bureaux. Quelques-uns, peut-être, avaient pu distraire quelques heures pour assister au grand show. Ils n’auront pas été déçus de ce point de vue, c’était très people ! Le 9 septembre 2009
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